Pour peu que vous soyez un brin sensible à la soul-pop sixties, vous n'auriez aucune excuse à ne pas vous procurer cette merveille de disque.
Madeline Bell fait partie de ces chanteuses black américaines à la formation "on the road" implacable (le parcours gospel, revues soul, et al), émigrées en Albion à l'aube des années soixante, et ayant commencées à s'illustrer par des "backing vocals" de luxe, illuminant de leur jeune talent la pop british d'alors.
Des sessions pour Philips (Walker Brothers et cie) et pour la divine Dusty Springfield avec qui elle va développer une relation artistique étroite, lui donnent la chance d'enregistrer sous son nom quelques merveilles qui font encore brûler les dancefloors des meilleures soirées Northern Soul (si vous ne craquez pas sur Picture me gone, c'est que vous êtes finis).
Un écrin sonore produit et arrangé avec la classe totale des équipes de chez Philips d'alors (Johnny Franz, Arthur Greenslade, ce genre) permet à la jeune Madeline d'arpenter sur tapis rouge quelques tueries du répertoire soul/pop (composées entre autres, excusez du peu, par Ashford/Simpson, Bacharach/David, Taylor/Gorgoni ; bref que des mauvais).
Tout ici est parfait, que ce soit les up-tempos murs du son ou les ballades soulful à vous crever le coeur.
Le CD contient l'album de 1967 et les singles Philips 65-67. Je vous conseille aussi l'album de 1969, Doin' things, également réédité par les british de RPM/Cherry Red.
On dit merci aux gens de RPM, label de rééditions toujours fignolées aux petits oignons (son, visuel, notes), et on écoute la dame faire son truc aussi bien qu'une Dionne Warwick et une Aretha Franklin réunies. Rien moins.

Je vous laisse, la Jag chauffe un peu à l'arrêt.