citoyen lambda

carnet de route

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

480

La première gorgée de bière (Philippe Delerm)

premiere_gorgee_biere.jpg Depuis le temps, je n'avais jamais trouvé le temps (ou l'envie) de lire ce petit recueil de nouvelles. C'est très bien... Le genre de livre à ne pas lire d'une traite (le procédé lasse vite, d'une lassitude heureusement qui se défait tout aussi vite). Beaucoup de nostalgie dans ces "petits riens" de la mémoire. Quelques "nouvelles" très fortes, comme celle sur l'odeur des pommes : "L'odeur des pommes est douloureuse"...

478

Le Quattro Volte, une vive déception

lequattrovolte.jpg Je suis très déçu par ce film : des sujets magnifiques (la Calabre et ses paysages, les chèvres, les charbonniers) et très adroitement filmés (les images sont magnifiques, là n'est pas le soucis) mais, pourquoi ce scénario qui fait passer le tout pour un mauvais documentaire télévisuel, genre "plutôt que de vous abrutir avec la vie de ce village, on vous propose cette petite mise en scène, ou mise en situation sympathique" ? Non, vraiment dommage et c'est pour cela que ça m'énerve.

479

ASA - Session Libé Labo

J'aime beaucoup le titre Crazy de Gnarls Barkley... Alors cette reprise par la chanteuse nigériane Asa, dans les locaux de Libé est comme un cadeau d'anniversaire... Bon, le début surtout, avec ces arrangements "jazzy" (même si au fond, ça commence vraiment à épuiser les reprises de standards avec des arrangements - ou des accords - "jazz"... ça épuise, mais c'est efficace). Une bien belle voix en tout cas. Suivez ce lien.

477

Indignez vous ! ?

hessel_iv.jpg C'est la petite affaire du moment. Sorti il y a deux mois, le petit opuscule de Stéphane Hessel s'est vendu à plus de 500 000 exemplaires. Du coup, ça buzz, les médias s'arrachent l'homme et une pluie de papiers divers, surtout critiques s'est mise à tomber, comme une pluie d'hiver à Rome. C'est normal, corollaire du succès, la critique. Celle-ci est parfois fondée, rarement "fouillée", à l'image de ce petit fascicule qui ressemble à une succession de bonnes intentions. Oui, c'est vrai, il n'y a pas grand chose dans cette grosse dizaine de pages ; oui, ce n'est pas détaillé, argumenté, développé ; oui, etc., etc.
Mais justement, c'est là le charme premier de Stéphane Hessel, cette forme de simplicité et de naïveté. Et puis surtout, ne faut-il pas prendre Indignez-vous ! comme un pavé dans la marre ? Allez ouste, plouf ! Remuons la vase, dérangeons les grenouilles et les crapauds... Allez, encore merci, Stéphane ! jpg_stephane_hessel.jpg

482

Roma filosofia

pMG_7623.jpg

481

(sans titre)

bois & charbons
     eaux & forêts
          phares & balises

il me faut habiter deux maisons,  
avoir toujours besoin de quelqu'un pour être seul

475

(sans titre)

au frontispice d'octobre il gravait
la pierre de ses doigts usés
d'avoir trop enterrés de corps
abandonnés "au vent mauvais"
il gravait un dernier nom aimé
un os pour ces chiens déjà morts

470

Le chant vaut mieux que le silence


Le silence vaut mieux que la parole, mais le chant vaut mieux que le silence.

(proverbe hassidique)

466

There is a solitude of space (Emily Dickinson)


There is a solitude of space,
A solitude of sea,
A solitude of death, but these
Society shall be,
Compared with that profounder site,
That polar privacy,
A Soul admitted to Itself :
Finite Infinity. 

(re)trouvé sur La Main de Singe

467

...et ce qui restera c'est la Parole souveraine

Tout est prêt pour la mort, ce qui résiste le mieux sur terre, c'est la tristesse, 
et ce qui restera c'est la Parole souveraine.
 
[Anna Akhmatova]

468

Là-bas sur l’étang (Sergueï Essénine)

Là-bas sur l’étang s’est tissé le rouge de l’ourlet du ciel
le coq de bruyère, il se lamente, et avec lui tout gémit dans les pins
 
le merle, lui aussi, se lamente et ne sort plus
Mais en moi, rien qui voudrait pleurer, le cœur est illuminé tout autour :
 
Ce chemin, qui se ferme vers le tournant, c’est par là que je te verrai venir,
le foin, résigné, nous attend déjà, nous n’avons pas besoin de rester debout.
 
je t’embrasse jusqu’à te boire, ma main, elle te saisit - comme on saisit une feuille.
Lorsque la joie vole son sens, mot et discours sont las.
 
J’embrasse par là les doigts, où sont drap et voile,
aussi longtemps que la nuit voudra demeurer la nuit, tu resteras ivre de moi,
enfant.
 
Toi coq de bruyère, tu te lamentes donc, tu résonnes donc, pins :
elle n’est pas lourde, la mélancolie là au rouge de l’ourlet du ciel
 
[Sergueï Essenine - 1910]

(traduction / adaptation de Gil Pressnitzer, publié sur Esprit Nomades)

469

Ossip Mandelstam

Un article bien intéressant (comme toujours) de Gil Pressnitzer, sur le site Esprits Nomades, consacré à Ossip Mandelstam. Je n'aurai pas dit mieux. Depuis ma découverte des Cahiers de Voronej, Mandelstam m'est un compagnon précieux.

471

Un Homme (René-Guy Cadou)


   Un homme
 
    Un seul un homme
    Et rien que lui
    Sans pipe sans rien
    Un homme
    Dans la nuit un homme sans rien
    Quelque chose comme une âme sans son chien
    La pluie
    La pluie et l’homme
    La nuit un homme qui va
    Et pas un chien
    Pas une carriole
    Une flaque
    Une flaque de nuit
    Un homme.

(publié aux éditions Seghers)

464

Bring Me The Head Of Manuel Bienvenu (Manuel Bienvenu)

cov_bring_me_the_head_of_manuel_bienvenu.gif Oui, apportez-nous la tête de Manuel Bienvenu ! Mais surtout, prenez grand soin de l'amener tout entier. J'ai découvert ce songwriter et musicien de grand talent cet été, lors d'un concert aux Jardins du Thabor dans le cadre du festival Les Tombées de la Nuit, où il se produisait avec l'ami Richard et Olivier Melano. Premier contact, celui d'un multi-instrumentiste bien adroit et fort inspiré. Deuxième contact, le lendemain très tôt, sur une route déserte qui traverse la Bretagne : j'écoute son disque, Bring Me The Head Of Manuel Bienvenu. La musique cadre parfaitement avec l'aurore et la route. La route... elle seule m'empêche de m'abandonner à la surprise et à la joie que me procure cette musique généreuse. Depuis, ce disque ne me quitte plus.

Manuel Bienvenu fait une musique à la fois inventive et très riche (dans les arrangements, les sons, les harmonies) mais qui reste simple et légère, comme une promenade apaisante et langoureuse ; une musique qui s'accorde toujours aux émotions du moment, comme une seconde peau, une ombre qui tantôt vous précède, tantôt vous suit, mais qui, quoiqu'il arrive, est toujours présente et vous accompagne sans jamais chercher à vous dominer.

pour en savoir plus :

458

Le monde n'est plus sur nos épaules (Richard Robert)

rr.jpgUne nouvelle pépite de l'ami Richard, cette version instrumentale d'un titre à paraitre sur son nouveau disque dont l'enregistrement est terminé. Comme toujours, magnifique ! On attend avec impatience la version chantée.

459

"Un bon vivant fait toujours un mauvais mort"

C'est vendredi, le jour du billet de François Morel, l'un des rares trucs audible sur France Inter...


Le billet de François Morel : Claude Chabrol
envoyé par franceinter. - Plus de vidéos fun.

457

Confiture de Lascaux et cochon

Langue Sauce Piquante, le blog des correcteurs du site LeMonde.fr, a relevé comme une petite erreur de transmission, lors de la visite présidentielle de Lascaux... Comme ils disent : On comprend mieux les affres des professeurs “de base” confrontés à leurs élèves, quand on sait ce qu’a retenu le premier personnage de l’Etat des leçons particulières d’un éminent paléontologue.

454

Maximum G (Certain General)

Extrait de November's Heat (1984), un disque qui a beaucoup compté - et tourné - il y a quelques années...

453

La bocca del lupo (Pietro Marcello)

La_Bocca_del_Lupo.jpg J'ai vu ce film surprenant et magnifique cet été. Cela fait quelques temps que je repousse le moment de vous en parler car je souhaitais, pour une fois, écrire un petit mot qui dise autre chose que "c'est magnifique". Mais je ne vois guère que dire de plus, qui soit à la hauteur de ce que j'ai pu ressentir en voyant ce chef d'oeuvre (il n'y a pas d'autres mots).

Je pourrais néanmoins tout simplement essayer de vous présenter le film. Comment le classer ? Une fiction ? Pas vraiment... Un documentaire ? Oui, si l'on admet que ce n'est pas une fiction. Mais le terme de documentaire est parfois un peu réducteur. Le film a néanmoins été primé au festival Cinéma du Réel 2010. Un poème ? Oui, aussi. Poème de l'image, du son, de la musique.

L'histoire ? Une histoire d'amour... Entre un gangster sorti de prison et un transsexuel. Enfin, c'est la trame, le fil conducteur. Au départ, le film est une "commande" d'une fondation Jésuite de Gênes qui porte assistance aux sans abris, clochards, marginaux de la ville. Un film pour montrer le monde à qui s'adresse cette fondation. Donc c'est aussi un film sur Gênes, son passé de grand port industriel, son présent (la désindustrialisation, la misère) hanté par les souvenirs du passé. Enzo (le gangster) est le fils d'un vendeur de rue, survivant d'un sous-prolétariat aujourd’hui disparu, nous confie l'auteur. Il a passé plus de la moitié de sa vie en prison. C'est là qu'il a rencontré Mary, transsexuelle, ancienne toxicomane et prostituée. Et c'est ainsi que petit-à-petit est née leur histoire. Une longue histoire d'amour, d'abord épistolaire. Mais raconter tout cela, ce n'est rien dire du film... ou si peu.

Le début du film nous plonge dans Gênes et ses quartiers déshérités. La nuit, souvent. Des formes, des anonymes et puis une voix off, grave - celle d'Enzo. Petit à petit son, histoire se dévoile, illustrée par des collages, des extraits de films divers, des photos, voire des textures et des tons (ah, ces images magenta !). Une autre voix off cite de larges extraits d'un livre de Gaspare Invrea (La Bocca del luppo, qui donne donc son titre au film) publié en 1892 et parlant des exclus qui "traversent des lieux disparus, descendant des rampes et remontant des pentes reculées où repose l'obscurité." Vient ensuite la voix-off de Mary, qu'on ne verra qu'assez tard dans le film. Et puis vient cette séquence magnifique où ils sont filmés ensemble, face à la caméra. Mais pas de sentimentalisme ou de voyeurisme dans La bocca del lupo. Pas de mélancolie non plus. Enzo et Mary y sont fiers et toujours tournés vers l'avenir, leur rêve : "Une maison à la campagne avec un jardin potager et peut-être une véranda avec un banc où on pourrait se serrer pour regarder l'horizon, avec nos chiens autour."

Au final, une sublime oeuvre poétique, pleine d'humanité et de sincérité. Et pour moi l'un des plus beaux films vus ces dernières années.

451

Pictures of Adolf Again (Bill Fay) - cover by Jim O'Rourke

billfay.jpg Le monde de la musique ressemble parfois à un monde enchanté, peuplé de belles aux bois dormant. Un prince de passage, souvent mal rasé, les réveille alors d'un baiser. Aujourd'hui, dans le rôle de la "belle", Bill Fay, songwriter du début des années 70, un peu "oublié". Néanmoins, depuis 2 ans, le conte commence à circuler sur l'internet.

Vous trouverez des informations sur la belle ici (kikipédia) , et (blog de François Gorin sur Télérama), et surtout par ici sur le site d'un fan.

Est-ce le baiser de Jim O'Rourke, à savoir la reprise de Pictures of Adolf Again dans le très discret film United Red Army ? Ou tout simplement quelques rééditions et compilation parues au mitan des années 2000 ? En tout cas, heureusement que la belle a été réveillée...



Voilà en tout cas en écoute ce très beau morceau, déniché pour moi par l'ami BoBiz. Mon top of the tops de la bande son de cet été.

La version de Jim O'Rourke (BO d'United Red Army) :


La version originale :

446

La rentrée littéraire avec Jim Harrison

Rue 89 nous propose une interview de l'auteur américain, à l'occasion de la parution de son nouveau livre. Outre qu'il a un talent fou (mais je n'en suis qu'au tout début de sa découverte), l'homme est vraiment plaisant à écouter et à voir.

Rions un peu avec M. Guéant

Sarkozy n'est «absolument pas un président des riches.
C'est ce que M. Guéant a déclaré à la radio... La preuve ? Il nous offre la possibilité de faire des heures supplémentaires, il va augmenter le nombre de boursiers et a créé des internats d'excellence ! Merci M. Guéant de nous ouvrir les yeux...

Mais ce n'est pas fini. Autre affirmation du Secrétaire Général de l'Elysée (et plus proche conseiller de N. Sarkozy). M. Sarkozy travaille tout le temps (sous entendu, il n'a pas le temps de faire la fête et d'être bling bling) et cette phrase admirable : Pendant ses vacances, c'est très simple. Il va dans sa maison, il ne bouge pas.

442

Manuel Bienvenu, Richard Robert et Olivier Mellano - concert du 10/07/2010 aux Tombées de la Nuit (Rennes)

Un bien bon souvenir de vacances que ce concert dans une ville ensoleillée et calme (Rennes), dans un cadre magnifique (les jardins du Thabor aménagés dans le cadre du festival). L'ami Richard et ses amis (Manuel et Olliver) ont donné un concert très agréable et chargé de bonnes ondes musicales et de bonnes émotions. Dix titres, à écouter sur le site de Manuel Bienvenu.

Trou du cul

C'est un peu la tarte à la crème du ouèbe, la classe en moins. En ce moment, lorsque l'on tape la requête "trou du cul" sur google, on voit s'afficher la page fesse de bouc de notre président. Déjà vu, classique, mais bon, c'est comme les tartes à la crème, moi ça me fait encore rire.
stdc.jpg

440

daily fiction

Merci à Fab de m'avoir fait connaitre ce blog de petites fictions quasi quotidiennes, qui parfois nous emmènent un peu ailleurs, comme elle le dit, parfois nous invite à méditer et d'autres fois nous remettent les pieds sur terre, comme le billet d'hier.

La Route ? Il suffit d’y être allé, sur la route, pour savoir que, sans nécessité, 
elle ne conduit qu’au cynisme le plus élémentaire, puis à la désillusion et au mépris. 
Des autres d’abord, bien sûr, puis de soi-même.

A Hazard, Dakota, j’ai croisé un vieux Hobo, un vrai, le type que je rêvais de devenir en partant. 
Peut-être, au fond, n’avais-je fait tout ce chemin que pour entendre ce qu’il avait à me dire :
- Rentre chez toi.

441

Funeral de um lavrador (Richard Robert)

Une superbe reprise d'une chanson de Chico Buarque, que l'on doit à l'ami Richard. Vous pouvez écouter ce très beau titre ici.

Videos Grenier

Trouvé sur Libé ce jour, cet article présentant le Le Found Foutage Festival (FFF) : festival de vidéos loufoques, bizarres, genre films d'entreprises ou autres ringardises des années (80 surtout, l'âge d'or de la vidéo cheap). Quelques extraits bien sympathiques à se mettre sous les yeux, notamment un spot sur la sécurité très très bien. Le titre de Libé est tellement bien trouvé que je l'ai repris pour ce billet.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, deux vidéos trouvées sur le site de FFF :



434

L'entartrage de Gérad Collomb

Merci à Rue89 d'avoir mis en ligne la vidéo de l'entartage de Gérard Collomb. Je n'ai rien contre (ni rien pour d'ailleurs - et surtout) le maire de Lyon mais je considère l'entartage de personnalités (pardon, des "pompeux cornichons") comme l'action politico-médiatique la plus efficace de ces dernières années.

François Morel revient !

C'est vendredi, le jour du billet du sieur François Morel...


Morel Revient - France Inter
envoyé par franceinter. - Plus de vidéos fun.

435

« Et Vladimir, il en avait une grosse ? … » (F.M. Bannier, à propos de Maïakovski)

Je dépile mes "archives". Ce jour, un papier de Rue89, sur un livre de Patrice Lestrohan retraçant les dernières années d'Aragon. On y croise déjà le Bannier de mémé Bettancourt, dans son rôle favori (à priori) : se faire de l'oseille avec l'argent des vieux riches...

436

auto promo

pochette.jpg Quand la folle activité de ce blog me laisse un peu de temps, je fais de la musique avec le camarade Bobiz. Nous venons de produire un disque, agglomérations et nous en sommes très contents, à défaut d'en être fiers. Pour fêter ça, les Beaux Bizarres (notre groupe donc) parlent ! Vous trouverez une auto interview et une mini bio, sur notre blog, sans compter quelques extraits du disque.

437

Matin brun (Franck Pavloff)

Matin_Brun.jpg C'est un petit livre (un apologue nous dit kikipédia), pour tous les enfants, quel que soit leur âge, narrant la mise en place d'une dictature... Comment, avec nos petites lâchetés quotidiennes, notre envie de tranquillité, notre passivité face à de petits événements à priori anodins, une dictature se met en place. Ce n'est pas renversant mais c'est joliment fait et à relire et méditer, surtout en ces temps troubles (mais les temps ne sont-ils pas toujours troubles) où, d'un banal fait divers on laisse nos gouvernants faire des amalgames et désigner au bon peuple qui aspire à la tranquillité (nous, en somme) les coupables : les roms par exemple...

448

Making Plans For Nigel (XTC)

XTC m'a toujours laissé un brin dubitatif. Mais j'adore ce titre et j'aime beaucoup cette version vidéo, même si le son laisse à désirer...

432

Cheval cassé

0123456b.jpg
(je ne sais plus où j'ai récupéré cette photo. BEn tout cas, j'ai oublié de conserver le nom de l'auteur. DR)

424

(sans titre)

il disait encore que son dieu était un chien qui aboyait 
et que tu étais la caravane qui passait

il disait aussi qu’il avait délaissé les étoiles de mer 
car elles dessinaient un ciel trop clair qui t’empêchait de dormir

il disait qu’il voulait sourire avec ta bouche, respirer avec ta poitrine

il disait qu’il aimait les 5 parfums de ta main

il disait qu’il savait le lieu où naissent les vagues et qu’il te montrerait un jour

elle ne savait pas qu’il avait vendu sa sagesse à un brocanteur

449

Fade to Grey (Nouvelle Vague)

Le projet Nouvelle Vague me lasse vite, sur la durée. Mais il y a toujours des reprises que j'aime beaucoup, comme celle du tube de Visage, Fade to Grey. Je dois avouer que j'aime cette chanson ; elle me renvoie à des temps forts reculés, lorsque ma (grande) soeur écoutait ce 45t. Depuis, l'original plutôt synthétique m'est un peu difficile. La cover de Nouvelle Vague tombe à pic pour raviver ma mémoire...

425

(sans titre)

dans une pomme d’or, 
je dissimulais le parchemin de tes îles aux trésors,

dans un pot de grès, je cachais la pomme d’or,

dans le mur de pierre de la maison, je plaçais le pot de grès,

au milieu de la forêt,
dans une clairière ouverte à toutes lumières, 
je posais la maison,

			sur les flancs d’une montagne,
dans une petite vallée creusée par un torrent, 
je plantais la forêt,
	
	auprès de la mer, aux confins des échanges, 
			  - lune et soleil mêlés à jamais - 
dans ce pays à la rencontre des langues, 
je fixais la montagne,

			au septième jour, me reposant,
dans le vent qui se mit à souffler de la montagne, 
je dispersais mes cendres,

elles firent une plaine fertile
où s’enracinèrent les pêchers,
pour te rassasier.

431

Automne

0123456c.jpg
(je ne sais plus où j'ai récupéré cette photo. BEn tout cas, j'ai oublié de conserver le nom de l'auteur. DR)

450

Reproductions (Arnaud Fleurent Didier)

Le disque d'Arnaud Fleurent Didier a été un coup de coeur de la fin d'année 2009. Si l'album Reproductions est un peu inégal, il comporte quelques titres que je trouve vraiment réussis et qui font mouche. Un extrait ci dessous. Je commence à fondre à partir du premier break : l'arrivée de l'arpégiator bien sûr ! Y'a pas à dire, moi je trouve que ce type est fort, quand même, hein ?

423

(sans titre)

que faisions nous de l'inconstance de nos amours
dans ce bar fébrile à l'atmosphère étonnée ?
nous laissions aller nos tourments dans les faubourgs
marchant sans but les mains sur les cœurs désirés.

447

Nice 'N' Sleazy (The Stranglers)

Eté Stranglers à fond pour le citoyen !

430

cheval

0123456d.jpg
(je ne sais plus où j'ai récupéré cette photo. En tout cas, j'ai oublié de conserver le nom de l'auteur. DR)

421

(sans titre)


toutes les portes que tu fermes en ton sein
cherchant à t'isoler du mieux que possible
non pas du froid ni de la chaleur mais 
d'improbables courants d'air, toutes ces portes
que tu fermes en ton sein et ces mots rares
comme autant d'échos de dynamite qui
détruisent la roche et tu te tiens au bord
des éboulis au bord de la tranchée qui devient
la crevasse et plus elle s'élargit 
plus te voilà rassurée car 
la jonction est ta frayeur

429

nudité

0123456e.jpg

(je ne sais plus où j'ai récupéré cette photo. Blog de Libé peut-être ? En tout cas, j'ai oublié de conserver le nom de l'auteur. DR)

438

Le déjeuner des bords de Loire (Philippe Le Guillou)

dejeunerbordloire.jpg Philippe Le Guillou est un admirateur de Julien Gracq... Il l'admirait tellement qu'il est rentré en contact avec lui et l'a rencontré quelque fois, à Saint-Florent-le-Vieil, où demeurait l'auteur d'Un balcon en forêt. Les deux petits textes réunis dans cette édition (Le déjeuner des bords de Loire et Monsieur Gracq) relatent deux de ces rencontres. Il n'y a là ni critique littéraire de l'œuvre, ni biographie de Gracq ou autres révélations. Deux récits débordants d'admiration, un peu trop d'ailleurs. Mais ce qui m'a plu, c'est de retrouver l'ambiance du bourg de Saint-Florent, des hauteurs de son église abbatiale à la terrasse du restaurant au bord de la Loire (L'hostellerie de la Gabelle... le Sandre au beurre, miam miam miam). Il y a beaucoup de tranquillité, de douceur, à Saint-Florent, comme dans ce livre. Si vous rêvez d'aller dans ce village et que vous ne pouvez pas, commencez donc par lire Le déjeuner des bords de Loire.

427

(sans titre)

à la frontière des vents,
là où se tient une maison qui te ressemble,
souffle un rai de lumière incertain.
la montagne se meurt, dis-tu, 
alors que je n’entends rien.

avant la Salomé, elle ne sera plus,
qu’écorchée vive par les crocs du hasard ;
les bergers délaisseront ses herbages,
et la mer ne sera plus éclairée des feux allumés à son sommet.

à la frontière des vents, 
non loin d’une chapelle qui nous désassemble,
je reste sourd à l’angoisse de tes nuits, 
regardant le sommet avec envie,
attendant qu’il nous illumine encore et embrase la mer.

428

Coquet

0123456a.jpg
(DR)

426

(sans titre)

mon dieu a le parfum de l’orange de Sicile, un goût rond comme les grains de sel d’avoine, 
une voix méditerranéenne perchée haut dans la chaleur du midi, un corps flouté par les 
oscillations des nuages épars, et sa main pétrit mes rêves, mon pain quotidien d’épices 
aux saveurs multicolores

mon dieu n’a pas d’ombre ; il épouse toutes les ombres courbes que j’embrasse, 
son regard est comme le vent indispensable aux ondes radiophoniques, ses yeux 
sont les paroles du matin qui se perdent aux miroirs des salles de bain

mon dieu est un étranger sans domicile fixe et sans papiers, il ne sait qu’écrire à l’encre 
des courbes des corps de femmes, ses mots sont des épaules, des hanches, des fesses, 
un ventre rond se prélassant sous des seins transatlantiques, il habite l’espace de mes 
mains qui brassent l’air iodé, il travaille au noir de l’encre de seiche dans le jardin de 
mes souvenirs à la peau de pêche

mon dieu se consume dans la cheminée, sa chaleur fait fondre le gel, le beurre, 
les primevères et les krocus deviennent des forêts quand je cligne de l’œil en l’écoutant 
chanter, de sa voix haute perchée, la chaleur de mon sommeil

mon dieu jamais ne me réveille

mon dieu se prélasse comme j’embrasse, maladroitement mais jamais je ne mens, 
et l’air et l’eau dont mes lèvres ne se lassent, m’habillent d’une douce peau d’enfant

mon dieu est un zèbre ou un sanglier, peu importe sa forme il est tigre de Sibérie, 
ou un escalier de pierre, une ville ouverte sur la mer, un pis rempli de vaches qui rient 
- dans toutes les langues, mon dieu comme j’aime tes paroles de mangues

mon dieu n’est ni présence ni absence, point besoin de le prier, il danse, il n’a rien à offrir, 
à donner, peu lui importent justice et lâcheté, il n’est que ce petit arbre, ce mirabellier 
dont les fruits trahissent son unique vérité

mon dieu est comme un chant dans l’eau, qui court dans le village aux mille canaux, 
il infuse comme le thé vert du printemps, sa douceur me saisit et me fait frissonner 
d’un plaisir chaque fois renouvelé

mon dieu n’est pas un dieu, juste le kaléidoscope de mes yeux fermés pour mieux l’entendre, 
le parfum de l’orange de Sicile que tu tiens entre mains ; mon dieu n’est rien : c’est là sa force

mon dieu ment comme je respire, c’est pour cela que j’aime sa compagnie, 
c’est un zèbre de Sibérie que l’on croise dans le haut Vallespir

mon dieu n’est rien qu’un mot qui vient quand je suis nu
mon dieu est nu, tout ce que mon corps nu – et toujours flou – me promet, me compromet, 
mon dieu est flou mon cœur se tait

mon dieu est ma nudité, fragile imprudence dans l’hiver pudique
et le silence du givre qui m’étreint


411

Fais pas l'con : passe moi tes vibrations...

En pleine affaire "Plastic Bertand" (on voit que c'est l'été), il me semble indispensable de rappeler à vos mémoires cette superbe chanson interprétée par Plastic-Lou-Bertrand-Deprijck : La Planète ! Et surtout la richesse inégalée du texte... Alors, c'est d'accord Totor ?

409

Another one bites the dust cover (El Barbarian v/s Blue Little Toe)

Encore une superbe cover réalisée par El Barbarian (aka Général Alcazar) v/s Blue Little Toe ! Le morceau de la semaine...

- page 1 de 9