citoyen lambda

carnet de route

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LES MOTS

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vendredi 25 juin 2010

Tezeta (Mahmoud Ahmed)

Le passé est derrière moi
le souvenir s'appuie sur aujourd'hui
demain, il sera encore là, toujours ravivé
On m'a dit que le souvenir est le bateau de la pensée
C'est aussi le bateau de l'anxiété
Et moi, je suis le port où accoste ce bateau
Que l'amour serait éphémère si le souvenir ne perdurait pas

vendredi 12 mars 2010

Marina à Rilke, encore et toujours

tsvetaieva2.jpg Je ne m'en lasse pas...

Avant la vie, on est toujours et tout, quand on vit - on est quelque chose et maintenant.

Je suis nombreuse, comprends-tu ? Innombrable, peut-être ! (Une insatiable multitude !) Pas un des moi ne doit être au courant des autres, ça perturbe.

Rainer, hier soir je suis sortie ramasser le linge, car la pluie venait. Et j'ai pris tout le vent, - non, tout le nord dans mes bras. Et il s'appelait toi. (Demain ce sera le sud !) Je ne l'ai pas fait entrer, il est resté sur le seuil. Il n'est pas entré mais il m'a emmenée en mer dès que j'ai été endormie.

Plus tu es loin de moi - plus tu es loin en moi.

jeudi 11 mars 2010

"Marina : comme j'ai habité ta lettre." (Rilke)

tsvetaieva.jpg Rainer_Maria_Rilke.jpg Après Tsvétaïeva, Pasternak, qu'il me soit permis de citer un extrait d'une lettre de Rilke.

C'est le 10 que vous avez cru recevoir mes livres, en faisant pivoter la porte 
(comme on feuillette un livre)...; et c'est ce même 10, aujourd'hui, dans l'éternel 
aujourd'hui de l'esprit, aujourd'hui, Marina, que je t'ai reçue dans mon cœur, 
dans toute ma conscience qui tremble de toi, de ta venue, comme si ton grand 
compagnon de lecture, l'océan, avait avec toi, ô marée du cœur, déferlé sur moi. 
Que te dire ? Tu as tenu tes mains, tour à tour offrantes et de nouveau jointes, 
tu as tenu tes mains dans mon cœur comme dans la vasque d'une fontaine 
jaillissante : à présent, aussi longtemps que tu les y laisseras, c'est vers toi 
que coulera le courant détourné...

A propos des "déserts lieux"

mstuart.jpg Il ne t'aura pas échappé, lecteur curieux, ce terme de déserts lieux, à la fin de la citation de la lettre de Tsvétaïeva à Rilke. C'est d'abord Pasternak qui écrit à Tsvétaïeva :

En quoi réside le miracle ?
En ceci, qu'au monde vécut une jeune fille de dix-sept ans nommée 
Marie Stuart et qu'un jour d'octobre, à une fenêtre derrière laquelle 
les puritains hurlaient, elle écrivit en français un poème qui finissait ainsi :
"Car mon pis et mon mieux
Sont les plus déserts lieux."

Vous pouvez lire ici le poème de la jeune reine d'Ecosse.

samedi 27 février 2010

"Romain Gary ne sait pas écrire"

A écouter sur Libé, dans l'excellente rubrique L'album des écrivains, une interview de Romain Gary (à qui je trouve une certaine classe aristocratique) en 1956, peu après la polémique qui a suivi son (premier) prix Goncourt pour Les racines du ciel. C'est ici.