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LES MOTS › poésie & poètes

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mercredi 29 septembre 2010

There is a solitude of space (Emily Dickinson)


There is a solitude of space,
A solitude of sea,
A solitude of death, but these
Society shall be,
Compared with that profounder site,
That polar privacy,
A Soul admitted to Itself :
Finite Infinity. 

(re)trouvé sur La Main de Singe

mardi 28 septembre 2010

...et ce qui restera c'est la Parole souveraine

Tout est prêt pour la mort, ce qui résiste le mieux sur terre, c'est la tristesse, 
et ce qui restera c'est la Parole souveraine.
 
[Anna Akhmatova]

lundi 27 septembre 2010

Là-bas sur l’étang (Sergueï Essénine)

Là-bas sur l’étang s’est tissé le rouge de l’ourlet du ciel
le coq de bruyère, il se lamente, et avec lui tout gémit dans les pins
 
le merle, lui aussi, se lamente et ne sort plus
Mais en moi, rien qui voudrait pleurer, le cœur est illuminé tout autour :
 
Ce chemin, qui se ferme vers le tournant, c’est par là que je te verrai venir,
le foin, résigné, nous attend déjà, nous n’avons pas besoin de rester debout.
 
je t’embrasse jusqu’à te boire, ma main, elle te saisit - comme on saisit une feuille.
Lorsque la joie vole son sens, mot et discours sont las.
 
J’embrasse par là les doigts, où sont drap et voile,
aussi longtemps que la nuit voudra demeurer la nuit, tu resteras ivre de moi,
enfant.
 
Toi coq de bruyère, tu te lamentes donc, tu résonnes donc, pins :
elle n’est pas lourde, la mélancolie là au rouge de l’ourlet du ciel
 
[Sergueï Essenine - 1910]

(traduction / adaptation de Gil Pressnitzer, publié sur Esprit Nomades)

dimanche 26 septembre 2010

Ossip Mandelstam

Un article bien intéressant (comme toujours) de Gil Pressnitzer, sur le site Esprits Nomades, consacré à Ossip Mandelstam. Je n'aurai pas dit mieux. Depuis ma découverte des Cahiers de Voronej, Mandelstam m'est un compagnon précieux.

vendredi 24 septembre 2010

Un Homme (René-Guy Cadou)


   Un homme
 
    Un seul un homme
    Et rien que lui
    Sans pipe sans rien
    Un homme
    Dans la nuit un homme sans rien
    Quelque chose comme une âme sans son chien
    La pluie
    La pluie et l’homme
    La nuit un homme qui va
    Et pas un chien
    Pas une carriole
    Une flaque
    Une flaque de nuit
    Un homme.

(publié aux éditions Seghers)

mercredi 7 juillet 2010

Rêverie dans le jardin du Luxembourg (Richard Aldington)

reverie_luxembourg Richard Aldington est davantage connu comme romancier (La mort d'un héros ou Tous les hommes sont des ennemis). Il fût aussi poète (entre autre) et c'est à lui que l'on doit cette Rêverie dans le jardin du Luxembourg, songe d'une histoire d'amour, publiée en 1930 et rééditée en France chez Actes Sud, en 1986, dans une édition bilingue fort à propos (il semblerait d'ailleurs qu'on ne trouve plus cet opuscule).

C'est un texte assez envoûtant, comme peut l'être le printemps à Paris et les premiers beaux jours de flânerie dans un jardin (Luxembourg ou autre). J'ai beaucoup aimé l'intrigue et cette femme. Je crois m'être laissé aller à rêver de la rencontrer à mon tour... Pourtant, je n'étais pas au Jardin du Luxembourg...

mardi 8 juin 2010

Corona (Paul Celan)


L’automne me mange sa feuille dans la main : nous
     sommes amis.
Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher :
le temps retourne dans l’écale.

Dans le miroir c’est dimanche,
dans le rêve on est endormi,
la bouche parle sans mentir

Mon œil descend vers le sexe de l’aimée :
nous nous regardons,
nous nous disons de l’obscur,
nous nous aimons comme pavot et mémoire,
nous dormons comme un vin dans les coquillages,
comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.

Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent
depuis la rue :
il est temps que l’on sache !
Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir,
qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur.
Il est temps que le temps advienne.

Il est temps.

Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre. © Editions Gallimard, 1998, pour la traduction française Collection « Poésie Gallimard »

mercredi 19 mai 2010

un extrait d'un poème inédit de Mahmoud Darwich


 Tu es toi, même perdant.
 Toi et moi étions deux hier, et serons un seul demain.
 Le train est passé
 mais nous n’avons pas pris garde,
 alors lève-toi au complet, accompli,
 n’attend ici personne d’autre que toi.
 Ici le train est tombé des cartes
 à mi-parcours de la route littorale.
 Un feu s’est déclaré au coeur des cartes,
 mais un hiver tardif l’a éteint.
 Nous avons tant grandi, tant grandi
 avant de revenir à nos premiers noms...

trouvé sur le blog de Pierre Assouline.

mardi 18 mai 2010

Fugue de mort (Paul Celan)


Fugue de mort  	 

Lait noir de l’aube nous le buvons le soir
le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit
nous buvons et buvons
nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas serré
Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit
il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or
écrit ces mots s’avance sur le seuil et les étoiles tressaillent il siffle ses grands
     chiens
il siffle il fait sortir ses juifs et creuser dans la terre une tombe
il nous commande allons jouez pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons le matin puis à midi nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit
il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or
Tes cheveux cendre Sulamith nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas
     serré
Il crie enfoncez plus vos bêches dans la terre vous autres et vous chantez jouez
il attrape le fer à sa ceinture il le brandit ses yeux sont bleus
enfoncez plus les bêches vous autres et vous jouez encore pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons à midi et le matin nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or
tes cheveux cendre Sulamith il joue avec les serpents


Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d’Allemagne
il crie plus sombre les archets et votre fumée montera vers le ciel
vous aurez une tombe alors dans les nuages où l’on n’est pas serré

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
il vise tire sur toi une balle de plomb il ne te manque pas
un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or
il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans le ciel
il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d’or Margarete
tes cheveux cendre Sulamith


Paul Celan traduction Jean-Pierre Lefebvre © Editions GALLIMARD, 1998, pour la traduction française Collection « Poésie Gallimard »

lundi 17 mai 2010

As Adam, Early in the Morning (Walt Whitman)


AS Adam, early in the morning,	 
Walking forth from the bower, refresh’d with sleep;	 
Behold me where I pass—hear my voice—approach,	 
Touch me—touch the palm of your hand to my Body as I pass;	 
Be not afraid of my Body.

Lire Leaves of Grass (Feuilles d'herbes en français) de Walt Whitman est une magnifique expérience. Sa poésie des sens, jubilatoire et parfois grandiloquente nous emporte d'un rien. A découvrir de préférence dans une édition bilingue...

lundi 10 mai 2010

(sans titre)

D'une simple fissure, en montagne
sourd une eau... discordante au goût
- mi-douce, mi-dure... ambigüe,

de même afin de mourir pour de vrai
mille fois le jour je me prive de  l'usuelle
faculté de soupirer et connaitre les fins...

Ossip Mandelstam
décembre 1933
(traduction : Christiane Pighetti) - éditions Allia

dimanche 9 mai 2010

Archéologie (Claude Michel Cluny)

Archéologie

Quel fut ton visage, toi dont le temps dispose
selon que se perdent sur l'aire signes et verbe
et que tu erres dans le champ de la mémoire,
argile splendeur où lève le chibre vif
de l'éphèbe rouge et noir. Où l'airelle mûrit
le gel sourit sous la mince et calme lumière.
Le bélier cosse impatient à la barrière
dans une vieille poussière de tuiles roses
et de mots oubliés - ceux qu'emportent sans bruit
les boucles de laine des brebis, allant paître,
sous les débris de la vaisselle de Mycènes,
                   le front sec à goût de sel des morts.

Claude Michel Cluny Inconnu passager (Gallimard, 1978)

mardi 6 avril 2010

Dans le village des mères (Vénus Khoury-Ghata)

J'ai bien aimé ce poème de Vénus Khoury-Ghata, affiché sur le quai de ma station de métro.
venus_khoury-ghata.jpg

mercredi 31 mars 2010

L'Homme approximatif (Tristan Tzara)

tzara_ha.jpg Il n'y a pas de majuscule à la première phrase du livre, pas de point à la dernière phrase. Pas de ponctuation d'ailleurs dans ce poème sans fin , que je lis et relis depuis tant d'années, avec toujours le même plaisir de l'abandon et cette étrange intranquillité de n'y trouver jamais de clé(s) - ou trop peut-être ? - à peine du repos... C'est la découverte du surréalisme - et particulièrement La glace sans tain - qui m'a fait vraiment prendre conscience du plaisir de la dérive des mots et de l'importance de la poésie comme une forme suprême d'expression de soi et de ses émotions. C'est au moment où je "quittais" peu à peu le surréalisme pour m'ouvrir à d'autres "formes" de poésie que je suis tombé sur ce livre, sur ce long poème que j'ai immédiatement embrassé et épousé. J'y ai découvert un Tzara apaisé (après la destruction révolutionnaire de Dada), cherchant désormais à (se) construire sur un monde de ruines. L'Homme approximatif n'est plus ce prisonnier des gouttes d'eau, même s'il reste un animal perpétuel et toujours inachevé.


les routes sourdes perdaient leurs ailes
et l'homme grandissait sous l'aile du silence
homme approximatif comme moi comme toi comme les autres silences

Je te regarde (Maram al-Masri)

jeteregarde.jpgQuelle belle découverte (il y a bientôt trois ans) que Maram al-Masri, poétesse d'origine syrienne, avec ce recueil illustré par Youssef Abdelké. C'est une poésie simple, avec peu d'images, qui évoque le désir inassouvi et impossible à assouvir, le manque de l'être aimé et le face-à-face avec soi-même.




Quelle est cette
rumeur ?
Une fleur qui s'épanouit,
un cheval qui hennit.

Ce spectacle ?
Des nuages
qui embrasent mon giron
et une pluie
torrentielle...

*

M'abandonneras-tu ?
Qui donc
verra
la robe
de ma nudité
dans laquelle je suis
vraiment
belle ?

*

Mon ombre
suivra ta trace,
si tu t'en vas,
pas à pas,
devant,
pas à pas,
derrière...

Comme le péché,
je m'attache à toi
et ne veux pas
de salut...


Maram al-Masri - éditions Al Manar, collection Méditerranées

mardi 30 mars 2010

Les champs magnétiques (Breton / Soupault)

champs_magnetiques.gif Ce recueil de textes écrits à quatre mains selon le principe de l'écriture automatique, est un livre "majeur" pour moi et pour mon goût à la poésie, au même titre que Rimbaud (Une saison en enfer, les illuminations). Et plus particulièrement le premier des textes qui ouvre le recueil : la glace sans tain. Plus qu'un texte ou un assemblage de phrases et de mots, c'est comme un rêve sans fin qui m'habite et m'absorbe, au même titre que l'homme approximatif, de Tristan Tzara.

Prisonniers des gouttes d'eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels.

lundi 15 mars 2010

Un poème de Georges Perros

Bien sûr qu'on ne doit pas rêver
quand il ne faut pas C'est pourtant
quand il ne faut pas que l'on rêve
et que battent à tous les vents
les portes qui vont en dérive
et que sans réfléchir on prend
parce parce que Oui je jure
que ma vie est allée par là
sans que rien ne m'y force Alors
vie et mort me sont entrelacs
piège à double face J'ignore
les soucis des jours et des nuits
dont s'embarrassent mes confrères
en Arts et Lettres Je poursuis
toute autre chose pour ce faire


extrait de Une vie ordinaire, Gallimard, collection Poésie

mardi 23 février 2010

"Le corps de l’amour en rempart contre la mort"

becker5.jpg Découvrir un nouveau poète dont on se sent "proche", est toujours une aventure, comme une histoire d'amour qui commence. Ma rencontre avec Lucien Becker est encore trop récente et je garde pour moi nos moments d'intimité. Mais je vous invite à lire la page qu'Esprits Nomades lui a consacré.

lundi 8 février 2010

''Personne ne sait si son corps est une plante que la terre a faite pour donner un nom au désir''

(Lucien Becker)

citoyenlambdanet0253.jpg

jeudi 4 février 2010

Jacques Vandenschrick

Ai trouvé la porte de ce poète belge par son recueil Secours qu'appellent les chiens (Cheyne éditeur)

Et sache maintenant
Qui n'a plus à être cherché.
Ecris avant que le corps brûle.
Laisse toute coïncidence.
Que la distance soit ton baiser.
Nourris-toi de ce qui t'écarte.

jeudi 28 janvier 2010

Je flane

la beauté, c'est que tout va disparaitre et que, le sachant, tout n'en continue pas moins de flâner.

Guy Goffette

dimanche 6 décembre 2009

Les cahiers de Voronej (Ossip Mandelstam)

voronej.jpg C'est l'objet qui m'a attiré de prime abord : un livre magnifiquement édité et imprimé par Harpo &. Mais sitôt coupées les pages, je me suis senti tout de suite happé par les poèmes de Mandelstam, écrits alors qu'il était assigné en résidence (avant de mourir dans un camp de Sibérie un année après). Où comment le poète, même dans sa solitude et son tragique destin sait nous faire partager la chaleur qui habite son coeur...

vendredi 4 décembre 2009

Léna (Michel Leiris)


    Léna

    Je pense à toi
    et ton image bâtit autour de moi une forteresse à tel point inébranlable
    que ni le bélier des nuages
    ni la poix molle de la pluie
    ne peuvent rien
    ô ma citerne de silence
    contre le mur percé d'étoiles dont tu m'as circonscrit

    Les chiens rampent et les gens
    jouent des coudes ou poussent des cris
    Le manège sans orgue ni flonflons du monde
    tourne
    avec son auréole d'yeux d'enfants
    jeu de bagues des Paradis

    Je rêve en toi
    ma citadelle sans fossés ni pont-levis
    sans murs sans tours sans pierres ni mâchicoulis
    Je m'endors en buvant le vin très dense de ton ombre
    qui couvre de son architecture sans autre poids que celui qui se compte aux balances d'obscurité et de lumière
    tous les monts et tous les champs
    toutes les vignes et tous les pays

    Jadis
    ma bouche narguait le beau temps
    alors que mes regards ne redoutaient rien tant
    que l'ouragan de l'univers
    Ignorant si j'étais une bête
    un arbre
    un homme
    des vents absurdes me drossaient
    mes bras en tout sens battaient l'air
    et mon destin tombait comme tombent des pommes

    Mais aujourd'hui
    ô toi si pâle
    parce que tu es mon ciel et le double miroir qui multiplie les murs et verse l'infini dans ma prison
    j'écoute le sifflet des nuages
    je ne crains plus rien ni personne
    je parle aux neiges de l'hiver

Ce poème de Michel Leiris est extrait du recueil Haut Mal, publié par les éditions Gallimard, collection "Poésie".

mardi 1 décembre 2009

L'homme approximatif

... est un poème de Tristan Tzara, habitant l'air et la lumière, et même la chambre mansardée de Monsieur Bleu Bleu.

je pense à la chaleur que tisse la parole
autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous

samedi 21 novembre 2009

Allégeance (René Char)


Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima ?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L’espace qu’il parcourt est sa fidélité.
Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. 
Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. 
Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima 
et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas ?

René Char - extrait de "Eloge d'une soupçonnée" - (c) Gallimard

vendredi 6 novembre 2009

Le cheval est tombé du poème (Mahmoud Darwich)


Le cheval est tombé du poème.
Les Galiléennes étaient trempées
de papillons et de rosée,
qui dansaient sur les marguerites des près.

Les deux absents : toi et moi,
moi et toi, les deux absents.

Deux blancs époux de mouettes
conversent de nuit sur les branches des chênes.

Pas d'amour, mais j'aime
les poèmes d'amour
anciens qui protègent
la lune souffrante, de la fumée.
Poussées et tirées, tel le violon dans les quatuors,
je m'éloigne de mon temps
quand je me rapproche
Des reliefs du lieu...

Plus de place dans la langue moderne
pour fêter ce que nous aimons,
tout ce qui adviendra... fut.

Le cheval est tombé, baignant
dans mon poème
et moi je suis tombé, baignant
dans le sang du cheval...


Mahmoud Darwich
extrait de Le cheval est tombé du poème (éditions Actes Sud 2006)
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