citoyen lambda

carnet de route

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vendredi 11 juin 2010

Une poétique de l'engagement - Willy Ronis (exposition à la Monnaie de Paris)

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Il y a cette très belle exposition rétrospective, organisée conjointement par le musée du Jeu de Paume et La Monnaie de Paris, pour le centenaire de la naissance de Willy Ronis. Exposition préparée avec lui, juste avant son décès, fin 2009.

Il y a eu chez moi cette peur d'aller à cette exposition, que je prenais comme une espèce de rétrospective hagiographique d'un photographe génial qui aura rencontré le succès public fort tard, comme souvent ; peur de voir et revoir toujours les mêmes photos : on les aime, certes, mais est-ce la peine d'aller visiter une exposition ?

Il y a cette surprise, cette agréable surprise, d'avoir vu une très belle exposition : non par le choix du lieu (je n'ai pas du tout aimé La Monnaie et ce cadre ne m'a pas semblé mettre en valeur le travail de Willy Ronis) mais par la diversité des tirages proposés. Les classiques sont là, certes, et d'ailleurs, c'est à peine si on les remarque. Car, parmi les photos moins célèbres de Ronis, émergent de nombreux petits bijoux et toute la cohérence de son travail, de son œuvre comme on dit.

Il y a, au final, la satisfaction d'avoir vu cette exposition et l'envie de vous encourager à y aller, avant le 22 août.

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jeudi 6 mai 2010

Photographier la précarité (Diane Grimonet)

dianegrimonet.jpg Signalé par Libé, une expo à voir si vous passez dans les parages. Je ne l'ai pas encore vue moi même mais j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer le travail de Diane Grimonet et ça me plait. J'irai donc sûrement faire un tour à la Galerie Fait et Cause pour y voir ce nouveau travail.




Pour en savoir plus :

  • le site de Diane Grimonet : l'occasion de découvrir ses précédents travaux (logements insalubres ou hôtels des marchands de sommeil, squats et expulsions, sans-papiers, chômeurs, roms, réfugiés...) mais aussi ses projets en cours, comme celui sur la rue de Belleville.
  • un article (avec interview) trouvé sur le site Youphil
  • le diaporama de Libé consacré à cette exposition

lundi 26 avril 2010

Lisette Model (Jeu de Paume)

Vu ce week-end la très réussie rétrospective Lisette Model, proposée par le Jeu de Paume (jusqu'au 6 juin). Les conditions étaient optimales, puisque le lieu était désert : on peut prendre tout le temps de regarder les photos sans être (op)pressé par la foule.

Lisette Model est une photographe bien connue des amateurs de photographies mais peu du grand public - à l'exception de quelques photos emblématiques, dont la baigneuse de Coney Island. Son œuvre est pourtant passionnante. Elle fut une adepte de la street photography, mais avec un regard direct, parfois froid. On est assez loin de la photographie "humaniste". Comme elle le souligne, elle ne cherche pas à raconter une histoire dans ses photos :

c'est la surface qui m'intéresse. Parce que la surface est l'intérieur (...) Chacun possède une façon propre d'exprimer son corps, pas uniquement son visage. Lorsque les gens se détendent et qu'ils s'assoient, ils ne savent même pas qu'on est en train de les photographier, ils sont réellement égaux à eux-mêmes.

L'exposition est divisée en séries, plus ou moins chronologiques : les premières photos de rue, à Paris, la fameuse série des riches sur la Promenade des Anglais, à Nice (initialement publiée dans la revue Regards, proche du PCF) qui lui a valu sa première reconnaissance publique. Son travail sur les "riches" annonce - la couleur en moins - le travail de Martin Parr. C'est surtout lors de son arrivée à New York que son travail devient passionnant. Et surtout avec les deux séries - plutôt innovantes en leur temps - sur les jeux de réflexions et sur les pieds des passants. Mais elle photographie aussi le monde de la nuit, les travestis, les bars et toujours les photos des "petites" gens (mais son propos n'est pas de montrer la misère). Donnant un aperçu global de son travail (jusque dans les années 50), l'exposition nous montre aussi quelques portraits de célébrités qu'elle a réalisés : j'ai été particulièrement touché par ceux de James Mason et d'Ossip Zadkine. Bref, une bien belle exposition, à ne pas manquer si vous avez la chance de passer près du Jeu de Paume.

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mercredi 31 mars 2010

Christian Coigny - galerie Yellow Korner

Depuis quelques années, Yellow Korner propose au grand public des tirages photos de qualité, à des prix très abordables. A l'origine distribués dans les grandes surfaces "culturelles" (genre F... ou autre V...), ils ouvrent petit à petit des galeries, comme celle du Marais (un bien bel espace). Je suis passé par là-bas samedi dernier, histoire d'acquérir une photo de Christian Coigny. Et j'ai eu l'occasion de voir une exposition de ses tirages. Si vous passez dans le coin (rue des Francs Bourgeois), avant le 15 avril, ça vaut le coup de jeter un coup d'œil (et en plus c'est gratuit). Pour ma part, je n'aime pas tout ce que fait ce photographe mais quand une de ses photos me plait, alors j'applaudis des deux paupières. Voici trois exemples (dont celle que j'ai achetée).
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dimanche 28 mars 2010

L'afrique héroïque - Philippe Bordas (MEP)

PBordas1.jpg En marge de l'exposition consacrée à Elliott Erwitt, où la foule se presse, la M.E.P. propose une magnifique exposition de Philippe Bordas (qui s'est fait connaitre il y a quelques temps avec son travail sur les lutteurs/boxeurs en Afrique). C'est pour moi une révélation : son travail (plus de vingt années passées en Afrique) est remarquable, splendide et émouvant, le tout dans une très belle scénographie (ambiance très sombre avec juste de petits spots venant éclairer les photos, plutôt grand cadre). L'exposition se compose de 3 parties. En sens inverse, cela donne : L’Afrique à poings nus, consacrée à son travail sur les boxeurs et lutteurs en Afrique (Kenya et Sénégal principalement). Puis nous plongeons dans le monde de Frédéric Bruly Bouabré, autodidacte qui a créé une écriture (un alphabet) de toute pièce afin de donner à son peuple un moyen de transmettre les traditions & les récits (en savoir plus sur Bruly Bouabré). Philippe Bordas lui a consacré un livre, que je m'apprête à commencer;je vous tiendrai au courant. Enfin, les Chasseurs du Mali, la partie que j'ai préférée de cette exposition : les portraits, couleurs comme noirs et blancs sont saisissants, beaux, simples et magnifiques. Pour en savoir plus, vous pouvez lire ici la présentation de cette exposition par l'auteur ou là, celle de la MEP. Une des meilleures expos que j'ai vues depuis longtemps !

Personal Best - Elliott Erwitt (M.E.P.)

eeMosow.jpg Les photos d'Elliott Erwitt ont beau être connues, cette exposition-rétrospective à la Maison Européenne de la Photographie (MEP - rappelons que c'est gratuit le mercredi à partir de 17h) est une vraie réussite. D'abord parce que la plupart des tirages proposés sont en grand format, ce qui n'est pas si fréquent : c'est donc très accessible et agréable à regarder ; on peut aisément prendre de la distance et on n'est pas obligé de se coller devant le cadre. Ensuite parce que la sélection est réussie, mélangeant les "classiques" d'Erwitt avec des photos moins connues, choisies par lui. Erwitt appartient à cette grande confrérie des poètes de l'image en noir & blanc, avec souvent un petit "plus" : une grande tranche d'humour et de fraicheur. Bref, un régal pour les yeux que je vous encourage à aller voir vite (l'expo se termine le 4 avril).

une petite sélection avec un intrus (une des photos n'est pas dans l'exposition)
eeHollywoodCalifornia.jpg eebarcelona1951.jpg eeParisEiffelTower.jpg eeWilmingtonNorthCarolina.jpg eeNewYorkCity.jpg eeBallycottonEire.jpg

(toutes les photos © Elliott Erwitt / Magnum)

samedi 27 mars 2010

Doisneau à la Fondation Henri Cartier Bresson

Doisneau.jpg Doisneau est certainement le photographe français le plus connu en France. On a presque tous en tête certaines des images (je ne parle même pas du BHV - Baiser de l'Hôtel de Ville). Cette exposition a au moins le mérite de replacer ces tirages archi connus dans un ensemble d'une grande cohérence. On rentre dans "son" monde (dans sa vision de la ville, de la rue, de la banlieue) et on se prend à regretter que la Fondation Henri Cartier Bresson n'ait pas plus d'étages afin que l'exposition se prolonge, j'allais écrire "sans fin". Car je ne m'en lasse pas de Doisneau - comme je ne me lasse pas de Calet (je fais le rapprochement, à cause de la rue sûrement, des quartiers populaires, de l'époque).

pour en savoir plus

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(photos : Doisneau par HCB / Doisneau, Football, Choisy le Roi, 1945)

vendredi 26 mars 2010

Nouveaux collages de Ion Barladeanu

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A voir sur Libé du jour, une série de collages de Ion Barladeanu (dont nous avions déjà parlé ici).

jeudi 25 mars 2010

L'envers du décors

Une expo qui (me) donne envie
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en savoir plus sur le site de la Cinémathèque
voir d'autres photos sur Libé

dimanche 21 mars 2010

Drum

Drum.jpg Non, il ne s'agit pas de publicité pour le papier à cigarettes, mais d'un journal sud africain, créé en 1951 et animé par une équipe multi-raciale qui s'engage contre les lois d'apartheid. Un article intéressant sur Rue89 en retrace vite fait l'histoire (avec un petit documentaire à ne pas louper pour sa bande son très enjouée et plaisante) et une exposition à la galerie Polka nous donne à voir les photos de Jürgen Schedeberg, photographe du journal.
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vendredi 19 mars 2010

Après la photo (Salvatore Puglia)

130293.jpeg Ce ne sont plus des photos, mais des images dont la photo constitue une partie de la matière première. D'habitude, je me méfie un peu de ce concept (comme de l'art conceptuel en général) mais dans le cas des portraits de Salvatore Puglia, mon regard entier est comme aimanté et absorbé par ses images/tableaux.

Je viens du monde de l’écrit, mais j’étais un historien, par engagement, plutôt qu’un "penseur". Et c’est par la pratique de l’histoire que je suis passé au visuel. Un jour j’ai constaté l’insuffisance (ou le manque de passion) de ma recherche en histoire, et les montages sont devenus des tableaux d’abord et des installations ensuite.

Lire la suite...

samedi 27 février 2010

L'impossible photographie, prisons parisiennes

expoprisons.jpg En revanche, l'exposition proposée par le musée Carnavalet est très bien pensée, riche en informations (sur un monde par essence inconnu et invisible) et en émotions. Je vous la recommande tout particulièrement.
A noter toute une série d'animations gratuites autour de cette expo (films, conférences, etc.).

Une girafe morte de pneumonie...

paris_inonde_1910.jpg C'est à peu près tout ce que j'ai retenu de l'expo Paris Inondée 1910, bien décevante. Exposer des tirages originaux (et petits) dans une exposition promise au grand public, est-ce une bonne idée ? La thématique est "classique" et au final, on n'apprend pas grand chose. Mieux vaut voir les photos sur le site consacré à cette exposition (ici) et peut-être aller voir son prolongement au Pavillon de l'eau (quoique).

mercredi 4 novembre 2009

Voir, observer et penser

C'est toujours un plaisir d'aller dans ce magnifique lieu qu'est la Fondation Henri Cartier Bresson, surtout par ce bel après midi de semaine où le lieu est quasi désert... Tout cela pour dire que l'expo consacrée à August Sander est bien réussie.

en savoir plus

165 ans de photographie iranienne

165_ans_de_photographie_iranienne.jpg Les expositions au musée du Quai Branly me laissent toujours sur ma faim. L'occasion cependant de découvrir des photographes comme Ahmad Aali, Kaveh Golestam, Bahman Jalali, Mehdi Monem, ... dont j'essaierai de reparler plus tard.

en savoir plus avec ce reportage de TV5 (un peu trop axé sur l'histoire de l'Iran via la photo, au détriment de l'expression poétique)