citoyen lambda

carnet de route

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affiche

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Incident voyageur

Ce matin, le trafic de la ligne de train que je prends pour aller travailler était très perturbé, voire interrompu quelques temps. Incident grave voyageur répétaient les annonces. Cela rappelle à ma mémoire le suicide à la gare près de mon travail, il y a un mois environ. J'étais sur le parvis de la gare quand j'ai entendu le choc entre le corps et le train. Un bruit sec, un peu sourd, bref. J'ai pensé que la vie ne fait guère de bruit quand elle s'en va... à la différence du grand vacarme de vivre.

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Mammuth (Gustave Kerven & Benoît Delépine)

mammuth.jpg J'ai beaucoup aimé le précédent film du duo, Louise-Michel : drôle, socialement et politiquement non correct, plutôt percutant dans le délire. Mammuth est tout aussi réussi, mais plus émouvant, plus touchant. Techniquement, il est à contre-courant de son époque : à l'heure du grand saut dans le numérique, le film a été tourné en 8mm, donnant ainsi une image un peu tremblotante mais très poétique. Enfin une image qui n'est pas lisse ! Le film repose sur Gérard Depardieu qui, je dois le reconnaitre, est vraiment excellent dans ce film. Il faut le voir, avec sa stature imposante (renforcée par la manière de filmer) et ses cheveux longs. Un géant doux comme un agneau, qui semble totalement perdu et même "con" ! Pour l'anecdote, le film serait né d'un rêve de Benoît Delépine : Gérard Depardieu avec les cheveux longs, chevauchant une moto aussi mastoque et impressionnante que lui : la Münch Mammuth, une moto allemande des années 60 reposant sur une idée simple : un moteur de voiture dans un cadre de moto. Et l'histoire ? Un road-movie, une balade vers le passé ou comment se réconcilier avec ses fantômes et son présent en revenant sur les lieux de sa jeunesse. Le film tient aussi par tous ses "seconds" rôles. Les femmes d'abord : l'amour présent (Yolande Moreau) et l'amour perdu (Isabelle Adjani), l'amour de passage, voleur (Anna Mouglalis) et l'amour "familial" (?) avec Miss Ming dans le rôle magnifique de la nièce déjantée. Notons aussi la participation de Dick Annegarn, sublime en gardien de cimetière. Le paysage enfin, celui des Charentes (les deux départements) et de Royan (pas en été). Bref, ce film est un vrai plaisir rafraichissant...

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Trompe la Coupe du Monde

Certes, je n'ai jamais été passionné de foutibol, mais cette année, je m'en contre fous totalement. A part pour lire le blog de Vikash Dhorasoo (Trompe le Monde) qui me divertit et arrive même parfois à m'arracher des sourires, tout en me donnant quelques arguments iconoclastes à caser dans les inévitables conversations foutibolistiques qui vont émailler ce mois de juin.

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Et après on verra... - partie 2 - (Lou)

Deuxième titre de la session live de Libé consacrée à Lou. Même impression que la première fois, sauf que j'aime vraiment beaucoup beaucoup la musique.

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Une poétique de l'engagement - Willy Ronis (exposition à la Monnaie de Paris)

Willy_Ronis_Rapho-Eyedea.jpg
Il y a cette très belle exposition rétrospective, organisée conjointement par le musée du Jeu de Paume et La Monnaie de Paris, pour le centenaire de la naissance de Willy Ronis. Exposition préparée avec lui, juste avant son décès, fin 2009.

Il y a eu chez moi cette peur d'aller à cette exposition, que je prenais comme une espèce de rétrospective hagiographique d'un photographe génial qui aura rencontré le succès public fort tard, comme souvent ; peur de voir et revoir toujours les mêmes photos : on les aime, certes, mais est-ce la peine d'aller visiter une exposition ?

Il y a cette surprise, cette agréable surprise, d'avoir vu une très belle exposition : non par le choix du lieu (je n'ai pas du tout aimé La Monnaie et ce cadre ne m'a pas semblé mettre en valeur le travail de Willy Ronis) mais par la diversité des tirages proposés. Les classiques sont là, certes, et d'ailleurs, c'est à peine si on les remarque. Car, parmi les photos moins célèbres de Ronis, émergent de nombreux petits bijoux et toute la cohérence de son travail, de son œuvre comme on dit.

Il y a, au final, la satisfaction d'avoir vu cette exposition et l'envie de vous encourager à y aller, avant le 22 août.

ronis_placevendome_11947.jpg

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Et après on verra... (Lou)

Découvert ce jour par la toujours excellente pertinence des choix des sessions live de Libé, Lou. Je ne suis pas hyper fan de sa voix, mais j'aime ces textes et surtout, l'ambiance musicale de ces sessions. A découvrir et à suivre, sur scène ou sur disque. Je vous tiendrai au courant.
Lou en session Live dans le grenier de Libé

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Indang Pariaman (Samsimar)

sumatra2_72.jpg Le souvent très bon blog A la recherche des sons perdus nous invite à explorer la musique indonésienne des années 70 et 80, au travers de l'édition de Folk and Pop Sounds of Sumatra, compilation sortie en 2003, sur le label Sublime Frequencies. Le catalogue de ce label est une vraie invitation au voyage, à la fois dans le temps et dans l'espace. Le morceau en écoute, du groupe Sansimar, est très bien : parfait pour cette matinée un peu grise et pluvieuse...

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Corona (Paul Celan)


L’automne me mange sa feuille dans la main : nous
     sommes amis.
Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher :
le temps retourne dans l’écale.

Dans le miroir c’est dimanche,
dans le rêve on est endormi,
la bouche parle sans mentir

Mon œil descend vers le sexe de l’aimée :
nous nous regardons,
nous nous disons de l’obscur,
nous nous aimons comme pavot et mémoire,
nous dormons comme un vin dans les coquillages,
comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.

Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent
depuis la rue :
il est temps que l’on sache !
Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir,
qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur.
Il est temps que le temps advienne.

Il est temps.

Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre. © Editions Gallimard, 1998, pour la traduction française Collection « Poésie Gallimard »

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Micah P. Hinson

Merci à Libé et à ses sessions live, pour me faire découvrir Micah P. Hinson. Du folk tranquille, pour ne pas dire classique, mais beau, sans fioritures. Une voix, surtout !



367

Propagande

propagande

propagande

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Des fleurs et des natures mortes (Au fil de...)

Les boutons d'or...

Les boutons d'or...

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Allons faire un tour aux neiges éternelles («Dictionnaire des mots du sexe» par Agnès Pierron)

J'aime les dictionnaires ! Celui-ci semble plein de promesses... Non pas tant car il traite des mots du sexe (je ne suis pas plus obsédé que vous !) mais pour toute la poésie que celui-ci inspire... Mettre le grand turc dans Constantinople, ça a de la gueule quand même ! C'est autre chose que dire "faire l'amour" ou plus basiquement "baiser".
en savoir plus sur Libé

348

Art de la propagande

C'est à Vienne qu'il faut aller si vous désirez découvrir un demi siècle d'art au service de la nation Nord Coréenne.
coreenord.jpg


pour en savoir plus, suivez le lien

347

et que voilà que - 1

et que voilà que
s'amoncellent les nuages
dessus le toit de 
la maison du village
la seule encore habitée
voyez l'échafaudage
là où, un jour, tu es née
oiseau de paysages

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Dieu / Satan

baudelaire-1855.jpg

Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre.

Charles Baudelaire - Journaux intimes (1887), Mon coeur mis à nu

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I've Been Waiting For You (Neil Young)

questions de la nuit

Peut-on donner une âme aux objets et faire d'un échafaudage un poème ? 

342

(sans titre)


aime, ou va

arbre perdu de la forêt
devenu homme, sous
la brise d'ange et de dentelle

de ton bois huppé
on fait l'instrument
du ciel aux nuages bas

346

Wakaka - les gouvernement parle aux djeunes !

Bien rigolé avec la lecture de ce papier de Libé, sur le site pour les djeunes lancé par le gouvernement (L'état et les jeunes, un waka grave). Ça déchire trop (de sa race satanique - ah non, ça c'est une private joke). Je kiffe... A noter que les djeunes semblent moins imbéciles et infantiles que prévus. La majorité des réponses concernent Hadopi... mais elles ont été, pour la plupart, censurées.

le Folk-Rock, 1965-1971 (publicité)

L'ami et complice BoBiz a donné hier une conférence sur l'histoire du Folk Rock, à la médiathèque de Créteil. Plis d'informations ici.

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Quelques syllogismes de l'amertume (Cioran)

  • « Si loin s'étend la mort, tant elle prend de place, que je ne sais plus où mourir. »


  • «Le secret de mon adaptation à la vie ? - J'ai changé de désespoir comme de chemise.»


  • «Toutes les rancunes viennent de ce que, restés au-dessous de nous-mêmes, nous n'avons pu nous rejoindre. Cela, nous le pardonnons jamais aux autres.»


  • «Rater sa vie, c'est accéder à la poésie – sans le support du talent. »


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Eclairages utiles sur le "problème" de la dette publique (Frédéric Lordon)

Dans la presque unanimité des "grands" médias face aux problèmes économiques, la lecture du blog de Frédéric Lordon (le bien nommé La pompe à phynance, sur Le Monde Diplomatique) est toujours utile, pour ne pas dire indispensable. L'auteur y présente et développe une autre vision de l'économie et de ses mécanismes et nous apporte un éclairage pertinent et toujours bien documenté. Ainsi, la dette publique.

Depuis la crise budgétaire grecque, la dette publique et la réduction des déficits sont des thèmes particulièrement mal-traités dans notre environnement politico-médiatique à voix monocorde et lassante. Ça tombe bien : le débat sur l'âge de la retraite s'ouvre et il s'agit de bien faire comprendre au citoyen qu'il est nécessaire de se sacrifier pour le bien de tous et surtout des générations futures.
Dans son article consacré au sujet - La dette publique, ou la reconquista des possédants, Frédéric Lordon fait un constat évident : le problème "structurel" de la dette est toujours envisagé sous l'angle des dépenses (qui augmentent, et donc qu'il faut diminuer pour résorber le déficit) et jamais sous l'angle des recettes. Hors, depuis le début des années 80, les recettes ont, presque partout, diminuées, notamment celles de "possédants". Pour parler simplement, les plus riches paient aujourd'hui moins d'impôts que les autres citoyens, en proportion.
Il nous explique aussi qu'il ne s'agit pas d'un effet d'aubaine mais bien d'une stratégie de "reconquête" de ces mêmes possédants, après avoir dû avaler quelques "couleuvres". Ainsi, il cite l'exemple des Etats-Unis où, pour résorber la grave crise de 1929 où le monde de la finance s'était délégitimé - comme en 2007 - l'impôt sur les sociétés avait grimpé jusqu'à 90 % sans parler d'autres mesures visant à limiter les écarts de salaires et donc les inégalités. Cela me fait penser à la France et aux acquis du CNR (Conseil National de la Résistance) qui a su et pu, au sortir d'une guerre où une partie non négligeable des "possédants" s'étaient quelque peu délégitimés à leur tour dans la collaboration, imposer un programme à forte connotation sociale, avec notamment la mise en œuvre de la Sécurité Sociale (sur ce dernier exemple, j'ai en préparation un article sur le film de Gilles Perret, Walter, Retour en Résistance - article que je n'arrive pas à finir mais qui est fort instructif sur ce sujet).

Tout cela pour vous encourager à lire Frédéric Lordon et à méditer sur les pistes et éclairages qu'il nous propose.

339

(sans titre)


un temps troublée de nuages si proches
du lilas du bout du monde 
elle exagère un ciel bleu
qui monte à la cime des charmes

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Disposer de moins d'informations attire notre attention

Un article de Rue89 nous présente une récente étude tentant d'expliquer en quoi les conversations des portables nous énervent plus qu'une conversation entre deux personnes. C'est notre cerveau mobilise ses sens de façon prédictive. Nous n'arrivons donc que plus difficilement à nous "couper" d'une demi conversation que d'une conversation. Pas bête l'animal !

La petite vie des Grands hommes (Le Tigre)

Trouvée sur le journal Le Tigre, la petite vie des grands hommes propose un autre regard biographique sur quelques célébrités passées. De Malraux à Verlaine (pour le moment), en passant par Mao, Proust ou Buffon. De quoi se cultiver sur un personnage sans en savoir plus sur sa vie/son œuvre... A la fois inutile et donc, nécessaire !

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Rêver avec Edgar Morin ?

Bon d'accord, rêver avec Edgard et ce qui serait sa gauche. voilà un programme pas très réjouissant (j'allais écrire bandant) à la base. Mais bon, il est sympathique son point de vue, sa "Voie" et on attend au final (sans impatience exagérée) l' "ultime" livre qu'il évoque dans ce court texte afin qu'il puisse développer sa pensée. Le constat est en revanche évident : il n'y a plus vraiment aujourd'hui de rêve collectif d'une hypothétique "amélioration" de la société, en tout cas en Europe. Il y aurait beaucoup à dire : ces pensées sur l'amélioration de la société et/ou l'émancipation des hommes ne sont-elles pas condamnées à n'être que des rêves ? Peut-être, mais l'espoir fait vivre, comme on dit...

Ce que serait "ma" gauche, par Edgard Morin, dans le journal Le Monde.

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Combats de tracteurs

Déniché par Rue89, cette sublime scène de combats de tracteurs issues d'un film Bollywood.
Imparable !
et les bruitages sont de toute beauté...

Nantes - Beirut

Ce fut une fraiche et agréable surprise de la fin d'année 2007. Un album bien sympathique à écouter, léger (mais sans manquer de profondeur) et aux arrangements simples et maitrisés. La chanson Nantes a remporté un succès d'estime (en France tout du moins et dans mes oreilles aussi) que je trouve tout à fait justifié et normal. La version proposée ici a été enregistrée à New York, par la Blogothèque, dans le cadre de leur série "concerts à emporter". Elle est aussi réussie que celle de l'album, comme quoi on peut faire des concerts sympas dans une cage d'escalier.

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333

Ah ah ah du samedi matin (Betty Boop, le génie des Fleischer)

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Welcome to my Dream (MC 900 Ft Jesus)

mc900ftwtmd.jpg Je n'ai jamais vraiment accroché sur le rap ou le hip hop, ou ses produits dérivés. D'ailleurs, ma discothèque est presque vide en la matière. Comme il y a toujours une exception à la règle, je vénère cependant ce disque de MC 900 Ft Jesus, nom de scène de Mark Griffin. Est-ce du rap, du hip hop ? On s'en fout après tout...

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Un truc que je ne comprends pas

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Comment peut-on associer blues et actionnaires ?

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Exile on Main Street (The Rolling Stones)

exile-on-main-street-front.jpg A l'occasion du festival de Ca-cannes sort un documentaire sur l'enregistrement d'Exile on Main Street, album magistral du début des années 70. Je ne l'ai pas encore vu, aussi je n'en parlerai pas pour le moment, mais c'est l'occasion d'exhumer ce disque que je n'avais pas écouté depuis longtemps.

D'Exile, je ne dirai pas que c'est mon album préféré des Stones (d'ailleurs, je n'en ai pas : c'est plus simple) et j'ose même avouer que j'ai parfois du mal à l'écouter d'une traite. Pourtant, je me sens toujours très proche et très familier de ce disque. La pochette d'abord, signée Robert Frank est vraiment magnifique et elle m'émerveille... On préférera à juste titre, et comme souvent, une édition vinyle, à moins de disposer d'une bonne loupe. Mais ce qui fait le charme de ce disque, c'est la très forte unité de son et d'ambiance(s) dans la diversité des titres proposés. Pas de tube imparable, mais une suite cohérente de titres aux inspirations diverses, ancrées néanmoins dans la tradition de la musique du sud (des Etats-Unis). Parfum de décadence, disent certains, personnification du triptyque sex-drugs-rock'n'roll assurent les autres, Exile on Main Street est un trésor, comme une bouteille de vin de Bourgogne qu'on laisse vieillir dans sa cave avec l'assurance que le breuvage ne virera jamais vinaigre. Pour moi, il contient les chefs d'œuvres (entendez par là les titres que je "préfère") Shake Your Hips, Sweet Virginia, Sweet Black Angel, Ventilator Blues, Let it Loose, ... Dès que je met une oreille là dedans, je n'en sors plus pendant longtemps. Une bien belle ivresse, un peu triste parfois, mais qui élève ma petite âme...

327

un extrait d'un poème inédit de Mahmoud Darwich


 Tu es toi, même perdant.
 Toi et moi étions deux hier, et serons un seul demain.
 Le train est passé
 mais nous n’avons pas pris garde,
 alors lève-toi au complet, accompli,
 n’attend ici personne d’autre que toi.
 Ici le train est tombé des cartes
 à mi-parcours de la route littorale.
 Un feu s’est déclaré au coeur des cartes,
 mais un hiver tardif l’a éteint.
 Nous avons tant grandi, tant grandi
 avant de revenir à nos premiers noms...

trouvé sur le blog de Pierre Assouline.

328

Fugue de mort (Paul Celan)


Fugue de mort  	 

Lait noir de l’aube nous le buvons le soir
le buvons à midi et le matin nous le buvons la nuit
nous buvons et buvons
nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas serré
Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit
il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or
écrit ces mots s’avance sur le seuil et les étoiles tressaillent il siffle ses grands
     chiens
il siffle il fait sortir ses juifs et creuser dans la terre une tombe
il nous commande allons jouez pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons le matin puis à midi nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
Un homme habite la maison il joue avec les serpents il écrit
il écrit quand il va faire noir en Allemagne Margarete tes cheveux d’or
Tes cheveux cendre Sulamith nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas
     serré
Il crie enfoncez plus vos bêches dans la terre vous autres et vous chantez jouez
il attrape le fer à sa ceinture il le brandit ses yeux sont bleus
enfoncez plus les bêches vous autres et vous jouez encore pour qu’on danse

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons à midi et le matin nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or
tes cheveux cendre Sulamith il joue avec les serpents


Il crie jouez plus douce la mort la mort est un maître d’Allemagne
il crie plus sombre les archets et votre fumée montera vers le ciel
vous aurez une tombe alors dans les nuages où l’on n’est pas serré

Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
il vise tire sur toi une balle de plomb il ne te manque pas
un homme habite la maison Margarete tes cheveux d’or
il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans le ciel
il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d’or Margarete
tes cheveux cendre Sulamith


Paul Celan traduction Jean-Pierre Lefebvre © Editions GALLIMARD, 1998, pour la traduction française Collection « Poésie Gallimard »

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As Adam, Early in the Morning (Walt Whitman)


AS Adam, early in the morning,	 
Walking forth from the bower, refresh’d with sleep;	 
Behold me where I pass—hear my voice—approach,	 
Touch me—touch the palm of your hand to my Body as I pass;	 
Be not afraid of my Body.

Lire Leaves of Grass (Feuilles d'herbes en français) de Walt Whitman est une magnifique expérience. Sa poésie des sens, jubilatoire et parfois grandiloquente nous emporte d'un rien. A découvrir de préférence dans une édition bilingue...

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souvenir

souvenir

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(sans titre)

sans titre

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Statues de la villa Arnaga

Shakespeare Cervantes

Victor Hugo

Shakespeare

Cervantes

Victor Hugo

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fête ancienne

fête ancienne

fête ancienne

Sommeil

Je pars approximativement quelques jours dans un endroit inadapté pour tenir ce journal de bord. Je vous programme quelques photos, approximatives et inadaptées, comme il se doit.

320

«On ira tous à l’hôpital»

Dans Libé, Bernard Giraudeau parle de son cancer : une interview bien riche et bien humble.

319

(sans titre)

D'une simple fissure, en montagne
sourd une eau... discordante au goût
- mi-douce, mi-dure... ambigüe,

de même afin de mourir pour de vrai
mille fois le jour je me prive de  l'usuelle
faculté de soupirer et connaitre les fins...

Ossip Mandelstam
décembre 1933
(traduction : Christiane Pighetti) - éditions Allia

318

Archéologie (Claude Michel Cluny)

Archéologie

Quel fut ton visage, toi dont le temps dispose
selon que se perdent sur l'aire signes et verbe
et que tu erres dans le champ de la mémoire,
argile splendeur où lève le chibre vif
de l'éphèbe rouge et noir. Où l'airelle mûrit
le gel sourit sous la mince et calme lumière.
Le bélier cosse impatient à la barrière
dans une vieille poussière de tuiles roses
et de mots oubliés - ceux qu'emportent sans bruit
les boucles de laine des brebis, allant paître,
sous les débris de la vaisselle de Mycènes,
                   le front sec à goût de sel des morts.

Claude Michel Cluny Inconnu passager (Gallimard, 1978)

317

Nadine (Fool's Gold)

Suite de la session live de Fool's Gold proposée par Libé avec un second titre, très éthiopien.Toujours aussi sympathique, surtout dans la petite pièce de Libé.

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A propos du débat (?) autour du dernier ouvrage de Michel Onfray

Le dernier livre de Michel Onfray (Le crépuscule d'une idole, sur Freud) fait débat, c'est le moins qu'on puisse dire et agite le soi disant microcosme "intellectuel" français. N'ayant pas lu le livre, je me garderai bien d'émettre un avis. Mais je dois reconnaitre quand même que ce débat m'intéresse à plusieurs titres : j'ai toujours été "sensible" à ce que je crois connaitre de la psychanalyse. Je l'ai même pendant longtemps "rejetée", tout du moins pour moi. J'aime aussi Michel Onfray, enfin le peu que j'en connais. Comme je le soulignais dans un précédent billet, je n'ai pas assez de "culture" pour juger ou non ses éventuelles approximations. Peu m'importe ! Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il m'incite à en savoir plus, à réfléchir, qu'il invite au débat et qu'il le fait d'une façon plutôt intelligente dans un monde médiatique qui ne l'est pas. Aussi, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt les différents points de vue publiés dans Le Monde, autour de ce livre. Il y a une première synthèse ici. Parmi les différents "points de vue", je vous recommande tout particulièrement ceux de Serge Tisseron, Daniel Sibony, Téri Feugeas et bien évidemment la "réponse" de Michel Onfray.

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Photographier la précarité (Diane Grimonet)

dianegrimonet.jpg Signalé par Libé, une expo à voir si vous passez dans les parages. Je ne l'ai pas encore vue moi même mais j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer le travail de Diane Grimonet et ça me plait. J'irai donc sûrement faire un tour à la Galerie Fait et Cause pour y voir ce nouveau travail.




Pour en savoir plus :

  • le site de Diane Grimonet : l'occasion de découvrir ses précédents travaux (logements insalubres ou hôtels des marchands de sommeil, squats et expulsions, sans-papiers, chômeurs, roms, réfugiés...) mais aussi ses projets en cours, comme celui sur la rue de Belleville.
  • un article (avec interview) trouvé sur le site Youphil
  • le diaporama de Libé consacré à cette exposition

L'amour développerait le Q.I...

... surtout quand il est compliqué ! Ca rassure, parce que sinon, on a plutôt l'impression qu'il rend bébête. Mais non : un article très intéressant (comme souvent) sur le blog d'Agnès Giard (le bien nommé Les 400 culs) nous fait un résumé de travaux récents en sciences cognitives, notamment ceux de Liza Zunshine. Une relation amoureuse développerait notre Q.I., particulièrement si c'est une relation à trois... A lire ici.

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