citoyen lambda

carnet de route

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Ha Dvash (Fool's Gold)

Un petit morceau pour commencer la journée, découvert à l'instant grâce à Libé et à ses Sessions Live. Fool's Gold donc, groupe ricain qui a très fortement puisé dans les rythmes afro. Mais à la différence du mélange pop-afro de la fin des années 70 et 80 (Talking Heads et/ou David Byrne par exemple, pour ne citer qu'un groupe emblématique et vite soûlant parfois), Fool's Gold ne donne pas le sentiment (et l'impression) de vouloir "faire de" (afro beat, musique ethiopienne, rumba ou blues touareg) ou "faire comme". Ils font avec, s'appropriant les rythmes et les les fondant dans leur propre expérience, multiple et diverse (le groupe est un collectif) avec une petite particularité : ils chantent en hébreu ! Bref, un mélange détonnant (si je puis me permettre) à découvrir d'urgence, car il ne laisse pas indifférent. Je ne suis pas sûr de tout aimer sur la longueur (un aperçu sur leur MySpace) mais le morceau proposé par Libé, en version "live en studio" est vraiment très réussi, beaucoup plus que la version "studio".

(sans titre)

de courage il n'avait point besoin 
- il en aurait fait mauvais usage -
mais la clarté, 
comme elle manquait

sur le dos du cachalot


l'écuyère s'en est allée
laissant le cirque 
comme la brise sur l'ombellifère

elle a laissé son cheval
couché sur un lit d'orties

les feuilles arrachées 
des bras de l'automne
recouvrent la bête inutile

et l'écho triste
de la fête au village
se soumet au paysage


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Walter Lewino, un noble vieillard facétieux

wlewino.jpg C'est en lisant Le Tigre que j'ai fait connaissance (un peu) avec ce grand môssieur de quatre-vingt-six ans, plutôt poilant, qu'est Walter Lewino. Une vie sacrément bien remplie, pleine de fantaisie (après la guerre, où il fût combattant de la France Libre), surtout dans la presse. Il a travaillé partout (ou presque) et s'est fait - entre autre - une spécialité des jeux pour magazines. Pour le découvrir, vous pouvez bien sûr vous procurer le dernier n° du Tigre (ben oui, je fais de la réclame ! Ça me fait penser justement que Walter Lewino a publié un roman uniquement fait à partir de slogans et de réclames : L'Éclat et la blancheur, publié en 1967, que j'ai hâte de lire !) ou lire son blog, que j'ai commencé à parcourir et qui est une mine de joyeusetés ! Allez-y, vous ne serez pas déçu ! Et si vous avez peur de lire sa prose, rassurez-vous, il y a beaucoup d'images (anciennes) légendées par ses soins. Pour rester sur le terrain de l'actualité, vous pourrez admirer les terroristes islandais couvrant l'Europe de cendres, ou Les bourges de Neuilly répétant pour le Printemps de Bourges (sous le titre des anti-rappeuses), etc. Voilà en tout cas de la saine lecture pour les longues soirées d'hiver (qui sont revenues).

(...) je crois de moins en moins à la connaissance et à la formation, et de plus en plus à l'imaginaire.
Walter Lewino

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Chill (photographe)

J'aime bien le mur de photos de Chill. Pas de titres, pas de textes, juste des images...

Come Back Africa (Lionel Rogosin)

backtoafrica.jpg

Carlotta Films a eu la bonne idée de ressortir sur grand écran (et aussi en DVD), deux films magistraux de Lionel Rogosin : On the Bowery (1956) et Come Back Africa (1959). J'avais eu la chance de voir le premier il y a trois ans, lors du Mois du Documentaire. Aussi, j'ai été voir Come Back Africa et ce film m'a enthousiasmé.

Comme son prédécesseur, Come Back Africa est une fiction-documentaire (ou l'inverse) ; Rogosin a été fortement inspiré par Robert Flaherty (l'auteur de Nanouk l'esquimau). Il met en scène un homme, confronté à une situation nouvelle qu'il ne connait pas. Ici, il s'agit de Zacharia, zoulou "chassé" de sa terre par la faim et débarquant à Johannesburg en tant que mineur. Il découvre la ville et surtout, l'apartheid. Le film a été tourné clandestinement (le prétexte officiel était de faire un film sur la musique sud-africaine), sur place, avec des acteurs non professionnels. Les images sont superbes et les plans qui se répètent (l'arrivée des travailleurs noirs dans la ville le matin, les scènes de chansons et de danses, la ville presque déserte le soir) donnent au film un rythme entêtant qui va crescendo, jusqu'au flash-back de la fin.

Lionel Rogosin, héritier d'un important chef d'entreprise textile, a été marqué par la Seconde Guerre Mondiale. Il décide de se consacrer au cinéma dont il se sert comme d'un instrument de dénonciation et de résistance. Dans Come Back Africa, le propos n'est pas uniquement la dénonciation de l'apartheid (dont presque personne ne parlait à cette époque) : c'est aussi une charge contre l'impérialisme, la domination économique, la ville dans laquelle les hommes perdent leurs racines. Mais le propos de Rogosin n'est pas de susciter la pitié ; son regard est lucide, dénonçant tout aussi bien le racket et la violence entre noirs du ghetto ou montrant des "blancs" qui tentent, sans grands moyens autres que les discours, de ne pas se laisser aller aux idées de l'apartheid.

Surtout, il montre des hommes qui résistent, c'est-à-dire qui restent debout et fiers, qui réfléchissent et commencent à prendre conscience qu'ils doivent s'organiser, comme dans cette taverne clandestine du ghetto, où les discussions sont animées et se terminent par la danse et la chanson. Apparait alors Miriam Makeba - alors jeune et peu connue - qui interprète deux chansons (dont Into Yam) dans lesquelles se trouve résumé le propos du film : la vie est tragique et injuste (ainsi le destin de Zacharia), mais rien ne peut arrêter la résistance.

Un film remarquable, tant par son propos que par sa réalisation !

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Le tigre (curieux magazine curieux)

tigre_blanc.png C'est peut-être parce qu'il apparait comme totalement dispensable qu'il est indispensable. Le Tigre, journal papier et disponible en partie sur l'internet, porte bien sa devise : c'est un magazine curieux, non assujetti à l'information ou à un sujet particulier. Le lire, le feuilleter, c'est comme s'échapper un peu du temps présent, laisser voguer ses sens en découvrant sujets, pensées, dessins, chroniques proposés par les auteurs. Il y a une filiation assez forte (et quelque peu revendiquée) avec l'Autre Journal, un autre magazine curieux des années 80, qui faisait la part belle à l'imaginaire. Soyez curieux : demandez à votre kiosque à journaux préféré ou, à défaut, explorez le monde du Tigre sur l'internet.

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Photos de Jaime F

J'aime beaucoup les photographies de Jaime F. Il y a un style, une ambiance et une cohérence d'ensemble qui me plaisent. Voici une petite sélection...

Steam in a Car Gotta Run Gotta Dance The wakE

Another Rainy Day Smoke Signals Heaven Waits the Monk

We are Back! Good Gossip _ Our only Hope

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Dazed (Lal Waterson & Oliver Knight)

Je ne partage pas à 100 % le goût de mon camarade pour l'œuvre de The Watersons mais, sa chronique est très intéressante et surtout, on peut y entendre la magnifique chanson Dazed. Ce sera le titre du week-end !

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Une nouvelle amie dans la vie

Un peu de calme en ce moment, côté blog (plus de photos que de textes) mais c'est parce que j'ai une nouvelle amie :
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La demoiselle est tout aussi exigeante que belle. J'ai littéralement craqué pour cette petite guitare (vous ne pouvez pas le voir sur cette photo, qu'elle est petite ; pour les amateurs, c'est un modèle dit "parlor" ; guitare de type "folk", c'est-à-dire avec des cordes métal et pas nylon) et je lui consacre beaucoup de temps. Il faut dire qu'il y a du travail, comme je n'ai pas vraiment joué depuis 20 ans ! Et que je n'étais déjà pas très doué avant... Elle est très agréable à jouer, petit manche (la jonction avec le corps se fait à la 12ème frette), son plutôt pas mal pour cette gamme de prix (ben oui, ça rentre en ligne de compte : je ne vais pas acheter un modèle haut de gamme, vu mon jeu). Bref, je m'occupe beaucoup à faire mal à mes doigts.

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Un peu de culture géographique, grace à la tévé

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Mieux que le dessous des cartes, l'émission beaucoup trop sérieuse d'Arte ! TF1 met toute sa rigueur et son intelligence afin de nous aider à mieux comprendre la crise que nous traverse nos sympathiques voisins.

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Amour rue de Lappe / Et la vie (Denis Gheerbrant)

dg1.jpg Les éditions Montparnasse ont sorti en 2009 deux coffrets DVD consacrés à l'œuvre méconnue de Denis Gheerbrant. Le premier coffret, dont sont issus les films Amour rue de Lappe et Et la vie s'intitule l'arpenteur : car Denis Gheerbrant est avant tout en voyageur. Il filme seul, avec sa caméra et son magnétophone, sans équipe avec lui. Ce qui donne à voir souvent ce "geste" magnifique de la caméra qui s'avance comme pour tendre l'oreille et écouter ce que les personnes qu'il rencontre disent. La caméra est son regard, réellement, et non un instrument par lequel un réalisateur essaye de nous faire partager sa vision. Ainsi, le début d'Et la vie : il est à un carrefour ; son regard suit un homme qui passe, puis une voiture allant à contresens permet de rebalayer le champ. C'est tout bête, tout simple, mais c'est tellement "juste". Voilà déjà les premières raisons pour lesquelles je suis tombé sous le charme de ses documentaires.

Mais j'aime aussi les histoires qu'il raconte. Denis Gheerbrant va au devant des gens, des petites gens comme on dit parfois, de ceux qui sont laissés à l'abandon par l'irrémédiable marche en avant du "progrès", de ceux qui en paient le prix mais qui restent debout, toujours, et plein d'espoirs. Voilà la grande force de son cinéma : la parole, jamais intrusive, et surtout non classifiée et non mise en scène, genre "et maintenant, dans la catégorie des laissés pour comptes, voilà le jeune chômeur du Nord".

Comme je ne parle pas très bien de tout cela, je vous invite à lire cette chronique du site Kinok.com, dont je partage le point de vue.

Un dernier mot sur Amour rue de Lappe : je me souviens aussi d'avoir connu ces petits cafés, à peu près à la même époque (milieu des années 80), juste avant que le quartier ne perde son côté populaire et se transforme en lieu "branché". Je n'y ai pas trainé souvent (ben oui, j'habitais la banlieue, c'était loin), mais j'ai encore en bouche le goût vraiment exquis des "jaunes" qui y étaient servis et cette ambiance si chaleureuse. Ça m'a fait bien plaisir de me replonger dans ces doux souvenirs.

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Lisette Model (Jeu de Paume)

Vu ce week-end la très réussie rétrospective Lisette Model, proposée par le Jeu de Paume (jusqu'au 6 juin). Les conditions étaient optimales, puisque le lieu était désert : on peut prendre tout le temps de regarder les photos sans être (op)pressé par la foule.

Lisette Model est une photographe bien connue des amateurs de photographies mais peu du grand public - à l'exception de quelques photos emblématiques, dont la baigneuse de Coney Island. Son œuvre est pourtant passionnante. Elle fut une adepte de la street photography, mais avec un regard direct, parfois froid. On est assez loin de la photographie "humaniste". Comme elle le souligne, elle ne cherche pas à raconter une histoire dans ses photos :

c'est la surface qui m'intéresse. Parce que la surface est l'intérieur (...) Chacun possède une façon propre d'exprimer son corps, pas uniquement son visage. Lorsque les gens se détendent et qu'ils s'assoient, ils ne savent même pas qu'on est en train de les photographier, ils sont réellement égaux à eux-mêmes.

L'exposition est divisée en séries, plus ou moins chronologiques : les premières photos de rue, à Paris, la fameuse série des riches sur la Promenade des Anglais, à Nice (initialement publiée dans la revue Regards, proche du PCF) qui lui a valu sa première reconnaissance publique. Son travail sur les "riches" annonce - la couleur en moins - le travail de Martin Parr. C'est surtout lors de son arrivée à New York que son travail devient passionnant. Et surtout avec les deux séries - plutôt innovantes en leur temps - sur les jeux de réflexions et sur les pieds des passants. Mais elle photographie aussi le monde de la nuit, les travestis, les bars et toujours les photos des "petites" gens (mais son propos n'est pas de montrer la misère). Donnant un aperçu global de son travail (jusque dans les années 50), l'exposition nous montre aussi quelques portraits de célébrités qu'elle a réalisés : j'ai été particulièrement touché par ceux de James Mason et d'Ossip Zadkine. Bref, une bien belle exposition, à ne pas manquer si vous avez la chance de passer près du Jeu de Paume.

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La solitude s'apprend

Tel est le sens de cet article du Monde, intéressant même si léger, trop léger (en témoignent les quelques commentaires d'internautes, qui semblent montrer que l'idée de l'article n'a pas été bien comprise). La solitude s'apprend. Elle n'est pas une malédiction, une malheur, mais un état propre à l'homme ; nous sommes toujours seuls. La difficulté est de le comprendre et de bien le vivre, au risque passer à côté d'une vie relationnelle (tant sociale qu'intime) enrichissante...

Découvrir Chapelier Fou

Chapelier Fou ? Un musicien qui se produit seul, armé de son violon, sa guitare et quelques machines lui permettant d'empiler les boucles. Un beau millefeuilles un peu électro (cool), un peu Yann Tiersennesque (c'est le violon qui fait cela) pas du tout lourd et crémeux mais sympathique à écouter. J'aime surtout le voir (mon côté "machine") préparer ses boucles et faire "monter" ses morceaux, comme une sauce douce pour les oreilles. J'attends d'écouter son premier album, ce qui ne saurait tarder.

Sept photos de Stanley Kubrick (6 et 7 /7)

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(cliquez sur les images pour les agrandir)
exposition à Milan jusqu'au 4 juillet 2010

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Look (Sébastien Tellier)

Je ne suis pas particulièrement fans de Sébastien Tellier mais cette vidéo est bien foutue et la musique n'est pas trop désagréable pour un samedi matin.

Record Makers Promo from CreativeApplications.Net on Vimeo.

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Sept photos de Stanley Kubrick (4 et 5 / 7)

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(cliquez sur les photos pour les voir en grand)
à suivre
exposition à Milan jusqu'au 4 juillet 2010

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Sept photos de Stanley Kubrick (3/7)

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(cliquez sur la photo pour la voir en grand)
à suivre
exposition à Milan jusqu'au 4 juillet 2010

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Le bonheur d'un concert de Field Music - suite

Ben oui, la nuit porte conseil et amplifie le bonheur. Toujours sous le charme du concert d'hier. Je pensais aussi, en sortant, que souvent j'aime les groupes à "frangins" : on y trouve souvent (exception confirmant la règle) une harmonie qui me plait : 22 Pistepirkko par exemple (dont TOUS les concerts sont des événements)... Shack/Pale Fountains, The GodFathers... Plus loin dans le temps (et donc pas vus sur scène) : The Kinks, The Beach Boys. Et les meilleurs pour la fin : Les Velléitaires/City Map. Mais là, il s'agit d'une sœur et d'un frère... Bon, un peu bébête cette réflexion sur fratrie et musique. Le bonheur rend gaga, sans parler de l'âge.

Sept photos de Stanley Kubrick (2/7)

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(cliquez sur la photo pour la voir en grand)

à suivre
exposition à Milan jusqu'au 4 juillet 2010

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Le bonheur d'un concert de Field Music

field-Music.jpg Ce soir, l'ami Bo (et bizarre) m'a invité à un concert de Field Music. Quel doux régal ! Cela fait bien longtemps que je n'avais pas ressenti une telle joie à un concert (de pop-rock), surtout d'un groupe que je connais à peine. Passons sur les détails qui fâchent (la salle, pourrite, comme hélas beaucoup de lieux parisiens, la première partie éprouvante - pour ma part, j'ai été dehors méditer sur le sort de tous ces réfugiés sans papiers entassés le long du canal). Venons en à l'essentiel : un groupe qui respire et dégage une vraie joie de vivre musicale. C'est carré, puissant, énergique, décalé, efficace, nerveux, sans chichis, entrainant, étonnant, mélodique, harmonieux, ... Allez, ce sera tout pour cette fois. J'ai beaucoup pensé à Cake mais, comme ce sont des anglais, il y a aussi une filiation avec The Kinks (noblesse oblige). Mon camarade Bo (et bizarre) m'a fait remarquer aussi quelques plans Led Zeppeliens, surtout sur les quelques riffs funky interprétés avec un son clair et tranchant. Au final, Field Music ! Ces deux frères (environ autour de la trentaine) qui se partagent guitares, batterie, chant et piano - accompagnés de deux autres excellents musiciens - enchainent titres sur titres et livrent un set impeccable d'où on ressort un peu sonné, mais heureux. S'ils passent près de chez vous, allez-y, les yeux fermés mais les oreilles bien ouvertes : votre corps vous en sera gré.

Sept photos de Stanley Kubrick (1/7)

kubrick1_1950.jpg (cliquez sur la photo pour la voir en grand)
à suivre
exposition à Milan jusqu'au 4 juillet 2010

Le bonheur (Agnès Varda)

bonheur.jpg Cela fait bien presque trois ans que j'ai acheté ce dvd, et je ne l'avais jamais visionné. Peut-être étais-je comme "effrayé" du résumé de l'histoire, moi qui me sentait alors nager dans le bonheur. Ce résumé est pourtant bien "partiel" et "partial". Il m'est assez difficile de parler de ce film, à part pour énoncer quelques idées simples : couleurs superbes (la lumière en générale dans ce film est magnifique), beauté champêtre (ah les pique-niques familiaux), banlieue en mutation, femmes lumineuses, superbes images et travail de montage, acteurs irréprochables... Bref, n'en jetons plus : c'est pour moi l'un des plus beaux films d'Agnès Varda. Et comme je ne sais vraiment pas en parler, je vous encourage à lire cette courte interview, qui je l'espère, vous donnera envie de le voir.

le bonheur peut-il s'additionner ?

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Le retour (Versari)

versari2.jpg Quel beau morceau ! Il figure sur le premier album de Versari, Jour après jour, publié en 2007. Mais j'aime surtout la version "dépouillée", qui est écoutable sur la page MySpace de Versari. Dépêchez-vous de l'écouter avant qu'elle ne disparaisse... Une simple guitare au très beau son clair, quelques arpèges, une voix simple sur un texte émouvant, et juste une seconde guitare (?) sur le refrain, comme une scie lointaine venant troubler la paisible mélancolie : un parfait déséquilibre, comme un tourment intérieur et secret, presque une déchirure. Le morceau de la semaine... Non ! du mois, du printemps...

si vous aimez Versari, vous pouvez vous procurer leur album sur le site du label T-Rec

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Ca c'est du slogan !

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Prise d'otage

A lire sur Libé, et sans commentaire de ma part, le récit de la prise d'otage du psychiatre Cyrille Canetti par le détenu Francis Dorffer, qui se termine par cette phrase à méditer :
Tant que l’on n’aura pas pris conscience que lorsque l’on est libre, lorsque l’on est en bonne santé, ce n’est pas une position définitive, les choses ne s’amélioreront pas.
(Jean-Marie Delarue)

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Vieille Sicile (Luigi Pirandello)

vieillesicile.jpg De Pirandello, je ne connaissais (approximativement) que son théâtre, qui jusqu'alors ne m'a guère emballé. Je trouve que c'est davantage un théâtre à voir qu'un théâtre à lire. Et puis, il y a des "saisons" dans la vie, pour le théâtre. Avec ce recueil de cinq nouvelles, me voilà en revanche séduit et conquis.
Par cette belle plume d'abord, sur laquelle on glisse sans accrocs. C'est limpide et clair et ça se lit presque distraitement. Presque, parce que les histoires nous retiennent par la manche. Des histoires simples (je veux dire, pas d'intrigue compliquée avec rebondissements) qui nous plongent dans le sud de la Sicile (Agrigente, la ville natale de Pirandello), au début du XXème siècle (ou fin XIXème) et de ses "petites" gens. Entre misère et "archaïsme", tradition et légendes, fierté et espoir, il y a avant tout une forte mélancolie qui se dégage de ces nouvelles où se pose la question que l'individu occupe dans la société. C'est particulièrement vrai avec les deux nouvelles, L'autre fils (adapté au cinéma par les frères Taviani, dans Kaos) et l'Etranger, qui se dégagent de cette compilation. Un livre qui m'a donné envie de me plonger dans l'eau méditerranéenne, et dans le recueil Nouvelles pour une année (431 nouvelles !) du même auteur.

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Language of Flowers (Pale Saints)

Alors que le printemps prend son fumet d'été, pourquoi ne pas aller courir dans les prés fleuris en écoutant Language of Flowers, une chanson joyeuse d'un groupe trop rapidement tombé l'oubli : mélodie simple, sons mélangeant clarté de la douce lumière et bruits de l'adrénaline, gaité nerveuse, comme un bon coup de pied envoyé au divin hiver. En attendant le prochain (hiver ! ) et avant le tube de l'été, décrassez-vous un peu les oreilles...



282

Si on te cherche, commence par te trouver toi-même

(Georges Antoine Scotch)

280

Le mépris (Jean-Luc Godard)

lemepris.jpg Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Ah non, ce n'est pas cela que je voulais écrire. Longtemps, je n'ai pas aimé ce film de Godard, que je nommais en moi : l'Ennui... Et puis je l'ai revu récemment et en suis devenu presque dingue (presque, car il ne faut quand même pas abuser). Il fallait juste que le temps fasse son effet, que l'expérience du mépris infuse : mépriser/être méprisé, se méprendre, aimer/ne plus aimer, se méprendre encore, être aimé/ne plus être aimé, se méprendre toujours, chercher à expliquer ce qui ne peut ni ne veut s'expliquer... Je m'égare, quoique... Film magistral donc : osons les grands mots, osons ! Non, n'osons pas... Film clé plutôt, dans mon petit cheminement. Lumière. Décors (ah, la villa Malaparte ! Capri ! La méditerranée : eau si bleue cernée de rochers...). Lumières d'Italie. Vide (avez-vous remarqué que tout semble désert autour des personnages ?). Femme. Belle et sans cesse métamorphosée. Musique (elle a beau être archi connue, elle est ici à sa place). Se vêtir/se dévêtir. Aimer/ne plus être aimé. A s'y méprendre... Lumières d'Italie. Et le vide, qu'habite la musique, mais comme une musique intérieure seulement.

Et le film de citer Dante :

Déjà la nuit contemplait les étoiles
Et notre première joie se métamorphose vite en pleurs
Et jusqu'à ce que la mer se fut refermée sur nous

Et laissons le mot de la fin à Alberto Moravia :

J'ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s'attache 
à une fausse lucidité d'esprit avec l'espoir d'éclaircir par le raisonnement
ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.

Trois proverbes de l'enfer (William Blake)

blakeharpoet.jpg Harpo &, l'éditeur que je préfère (en ce moment) pour la très grande qualité de ses productions et pour ses choix éditoriaux, a eu la bonne idée de ressortir ce petit livre. Petit par la taille : il tient dans une main, se glisse facilement dans une poche et dès lors, il vous accompagne en toute situation, ce qui est d'un grand secours. Car, au travail ou chez des amis, dans les transports en communs ou seul dans la forêt ardennaise, rien d'autre ne produira autant d'effet qu'un proverbe de l'enfer ! Je vous en laisse trois, en V.O. non sous-titrée (par feu Jean-Pierre Weil dans cette édition) :

  • The Head Sublime, the heart Pathos, the genitals Beauty, the hands & feet Proportion.
  • The fox provides for himself, but Gods provides for the lion.
  • Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.

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Handicap : après l'accident, « je n'étais plus personne »

Signalé par Rue89, accompagné d'un témoignage à lire, Le Monde.fr a consacré un reportage "multimédia" au handicap, plus précisément aux personnes hospitalisées qui découvrent leur handicap : à voir, lire et écouter.

La comédie du travail (Luc Moullet)

comedietravail.jpg Sorti en 1987, La comédie du travail est une comédie sur le chômage, vu pas Luc Moullet : c'est déjanté, absurde et comique. A la manière d'un Chaplin (osons !), Luc Moullet créé des personnages et des situations caricaturales : un chômeur "professionnel" qui ne veut surtout pas trouver de travail ; un employé qui se retrouve au chômage et c'est la honte suprême pour lui et sa femme (elle aurait préféré qu'il eût une aventure) ; une employée de l'ANPE qui s'est mise en tête d'éradiquer tout le chômage ; son chef qui la tance : si vous trouver du travail à tous les chômeurs, ça ne va pas aller du tout ; et sans compter tous les rôles secondaires et tous les petits détails (l'achat du stylo, la guerre ANPE-ASSEDIC, ...).. Ajouter à cela la rencontre de ces caricatures : l'employée de l'ANPE qui tombe amoureuse du chômeur professionnel et lui trouve illico un emploi, au nez et à la barbe de l'employé, qualifié pour le poste.
Un film malicieux et subversif (Luc Moullet quoi !), qui n'a pas vieilli, malgré l'économie de moyens.

(Le Centre Georges Pompidou a eu la bonne idée de programmer une rétrospective Luc Moullet en mai 2009. Vous pouvez regarder ici la présentation de la Comédie du travail, par Luc Moullet et Sabine Haudepin - l'employée de l'ANPE).

Field Music

FieldMusic2009creditIanWest.jpg Découvrez la très jouissive pop de Field Music et notez sur vos agendas qu'ils seront en concert au Point Ephémère le 20 avril. J'y serai avec l'autre moitié des Beaux Bizarres... Plus d'infos ici.

Photo : Ian West

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Philosopher comme un chien (Michel Onfray)

philochien.jpg Je me suis bien amusé à lire ce recueil des chroniques qu'a tenues Michel Onfray dans le futur feu Siné Hebdo. C'est plaisant à lire, peu ennuyeux, pas du tout politiquement correct - comme on dit de nos jours -, parfois avec un peu de mauvaise foi (mais c'est cela qui est bon et nécessaire, surtout dans l'exercice de chroniqueur) et l'ouvrage contient quelques portraits ciselés dans un beau vitriol qui fait mouche ! Ainsi la Sainte Ségolène du Poitou (cible facile me direz-vous), et bien d'autres, dont quelques "intouchables" (Freud par exemple) ou le petit cercle des "intellectuels" bien en vue qui occupent depuis les années 80 l'espace médiatique... Peut-on parler d'espace à propos d'un champ si réduit ?

Mais l'ouvrage n'est pas qu'un chamboule-tout. Il contient aussi des chroniques qui ouvrent l'esprit vers d'autres horizons et des pistes de réflexions. C'est d'ailleurs cela que j'aime chez Michel Onfray. On peut lui reprocher d'être parfois approximatif (pas moi, je suis dix mille fois plus approximatif que lui !) dans l'usage qu'il fait des textes mais c'est un philosophe de l'action et du présent. Pour lui, la philosophie n'est pas que réflexions et pensées, mots et phrases, mais aussi un moyen de lutte et d'engagement. L'Université populaire de Caen en est un bon exemple : je ne me contente pas d'essayer de transmettre mes idées mais je donne à tous les moyens de se faire sa propre idée. Voilà ce que j'aime chez cet homme, même si je ne partage pas toutes ses opinions : il est engagé, plus qu'enragé et nous invite au débat plutôt qu'à la contemplation du banquet duquel nous sommes exclus.

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ajami (Yaron Shani et Scandar Copti)

ajami.jpg Ce film israélien est assez remarquable : forme et fond parfaitement maitrisés, acteurs justes (ce ne sont pas des acteurs professionnels, précisons), images, décors, lumière(s), bande son excellents. C'est un film à plusieurs niveaux de lectures. D'entrée, de part son histoire - à Jaffa, banlieue de Tel Aviv - nous sommes plongés dans le quotidien des différentes communautés présentes : palestinienne, juive et chrétienne. Mais tout est complexe et si l'appartenance à telle communauté ne joue pas un rôle dans le déclenchement de la tragédie (le point de départ de l'histoire est un règlement de comptes entre palestiniens ; un homme meurt, non parce qu'il est juif mais à cause d'une querelle de voisinage, etc.), elle en devient vite le moteur qui l'alimente, faisant ressurgir toutes les blessures, à laquelle s'ajoute la détresse sociale et économique des palestiniens et les brimades quotidiennes (check point par exemple). Mais la grande force d'ajami est justement de ne pas être qu'un film sur le conflit israélo-palestinien ; c'est un film noir parfaitement réussit : l'histoire pourrait se passer n'importe où toutes ces conditions sont réunies (misère et galère, trafics, règlements de comptes, communautés, haines ancestrales...). Le rythme est enlevé et nerveux ; les auteurs tissent la toile de différentes histoires qui se rejoignent ; le tout sans aucun excès (comme la mode actuelle où tout s'enchaine à une telle vitesse qu'on ne finit par plus suivre) : juste ce qu'il faut pour servir l'histoire, pour faire monter la tension, jusqu'au dénouement, noir de chez noir... Un vrai petit bijou de cinéma !

Mélenchon en guerre contre les médias

Il n'est pas toujours très clair, Jean-Luc Mélenchon, et a l'art des politiques (enfin, de certains politiques - cet art est en perdition) de noyer des propos sans intérêts sous de belles phrases et de beaux mots. Néanmoins, il ne dit pas que des çonneries, et son côté "sanguin" (qui a déclenché la polémique et sur lequel tout le monde s'arrête) est plutôt séduisant dans ce monde un poil trop polissé. Je vous laisse juge, en lisant le compte rendu et regardant la vidéo sur Rue89.

Aux repas de famille, ça le fait d'être journaliste, c'est ce préjugé social qui vous anime (…) La gratification sociale, c'est de ne pas appartenir à la classe ouvrière, des employés et d'être des prescripteurs de morale.

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Le dos au mur (Jean-Pierre Thorn)

dos100.jpg Le dos au mur, trop vite qualifié de cinéma militant, est un magnifique documentaire qui raconte les huit semaines de la grève de l'Alsthom de Saint Ouen, en 1979. Pour comprendre ce film, rappelons un instant que Jean-Pierre Thorn, après un premier film Osez lutter, oser vaincre (tourné en mai 68 aux usines Renault) est devenu un établi : pour fuir la rhétorique stérile des discours, il plaque tout et se fait engager O.S. à Alsthom, où il restera jusqu'en 1978. C'est à l'appel de ses anciens copains (le terme est mis en avant, plutôt que celui de camarades, trop connoté) qui entament une grève en 1979 qu'il revient avec sa caméra et une équipe légère, filmer le quotidien de ce mouvement. De l'intérieur ou de l'extérieur, de jour comme de nuit, il filme les enthousiasmes du début (enthousiasmes réels mais fragiles et lucides), comme la mise en place de l'occupation, l'invasion de la Bourse, la réoccupation après l'intervention des CRS, mais aussi les doutes devant le rapport de force inégal. Le film fait le constat - terrible - que les travailleurs, les ouvriers, sont systématiquement poussés à la violence, le dos au mur (même si aucune violence n'est à déplorer lors de ce mouvement, hors celle de la réaction des patrons après la fin de la grève). Henri Onetti, l'un des protagonistes de cette grève dit ainsi : je ne donnerai peut-être pas le premier coup de fusil mais je donnerai certainement le deuxième.
Si l'on sent donc dans ce film poindre l'amertume qui gagne la classe ouvrière, en cette fin de décennie (amertume face aux syndicats et aux politiques - qu'ont-ils fait pour soutenir le mouvement ?), le Dos au mur n'est pas uniquement le récit de ce désenchantement. La force de ce film est de donner la parole aux ouvriers, de filmer leur fierté, leur appropriation de la lutte, de l'usine, loin de tout dogmatisme (comme Osez lutter, osez vaincre) et leur lucidité (nous n'avons aucun modèle à suivre dans le monde). A l'opposé des procédés journalistiques "modernes" (cf le soi-disant travail journalistique des Infiltrés), la caméra de Jean-Pierre Thorn ne se cache pas : elle ne se contente pas de montrer, de témoigner ; elle nous parle et revendique son rôle partisan. Le travail de montage est super et la bande son soignée et subtile, même si certaines chansons écrites pour le film semblent avoir mal vieillies. La version de l'Internationale, jouée à la Hendrix, est particulièrement bien venue (comme je souligne Jean-Pierre Thorn, ça peut paraitre dérisoire aujourd'hui, mais en 1979, c'était "révolutionnaire" !).
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Et la terre deviendra carrée

Un petit film d'animation bien sympathique, pour commencer le week-end.


PIXELS by PATRICK JEAN.
envoyé par onemoreprod. - Regardez plus de courts métrages.

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Pénétrant une blonde bien payée en écoutant Raw Power...

  • Un étude vraiment on-s'en-fout tend à montrer qu'une femme blonde aura un salaire plus important qu'une autre. Je ne prend même pas la peine de vous donner le lien, mais cela me fait une transition pour vous parler d'un homme blond...
  • Raw Power, album magistral des Stooges, ressort aujourd'hui, dans une édition attrape fans, avec bonus, etc. etc. Ce n'est pas le disque que je préfère des Stooges, même s'il contient le magnifique Gimme Danger (la version la mieux est à mon sens celle de Metallic KO). On en reparlera certainement bientôt, rubrique discothèque idéalambda. En attendant, vous pouvez toujours lire ce qu'en pense Eric Dahan sur Libé.
  • Il parait que le sexe permet de "doper" l'audience d'un site ouèbe. Parlons "cul" alors, ou plus précisément parlons "bite" : déniché par Têtu et relayé par Rue89, un site consacré aux représentations "accidentelles" du pénis : Accidental Dong. Légumes, nuages, arbres, mais aussi hasards de la vie quotidienne... Surprenant parfois ! Amusant souvent...
  • et pour finir ce billet où décidément je n'ai rien à dire, je vous invite à lire (régulièrement) le blog d'Agnès Giard, les 400 culs. On y trouve souvent des articles forts intéressants (dernier en date par exemple, autour de la transgression et des tabous) : les 400 culs
  • avec tout cela, je devrai bien avoir trois connections aujourd'hui ! Ah non, suis-je bête, j'ai oublié de mettre les mots clés qui vont bien ! Et puis j'aurai dû signaler aussi que Raw Power contient une chanson intitulée Penetration...



écoutez Gimme Danger et Penetration sur Deezer

Not the Same (Dinosaur Jr)

dinosaur.jpg Je n'ai pas vraiment suivi la carrière de Dinosaur Jr : je ne possède que l'album Green Mind, dont j'aime la furie légèrement "infantile". La chanson Not the Same est extraite du disque suivant, Where You Been. Je ne sais comment elle s'est retrouvée dans mes oreilles (sûrement sortie de la pile par mon camarade beau mais néanmoins bizarre) mais je la rentre immédiatement dans mon top 1000 ! J'aime beaucoup cet arpège tout simple et cette voix de non-chanteur-né. A tout moment, on croit que ça va démarrer - surtout connaissant le groupe. Mais non, seul le tempo accélère tout doucement et le batteur découvre quelques toms égarés; pour le reste, on revient sans cesse à la case départ, sans même toucher les 20.000...
écoutez, sur Deezer

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Mieux que du foot

Dénichée par Le Monde, cette œuvre de "jeunesse" de Takeshi Kitano proposant une partie de football avec des joueurs équipés de jumelles. Le costume rayé des joueurs, sans parler de l'arbitre en M. Loyal avec une tête de lapin participent pleinement à l'absurde de cette partie. Un spectacle beaucoup plus intéressant que le "vrai" foot... A mettre de côté et à ressortir, quand viendra le temps ennuyeux de la coupe du monde...

Dersou Ouzala (Akira Kurosawa)

dersou2.jpg Ce n'est pas le film le plus connu de Kurosawa. En tout cas, c'est de loin mon préféré, pour deux raisons essentielles. La nature d'abord : Kurosawa filme d'une manière sublime la taïga sibérienne, à différentes saisons. Ces paysages infinis, rudes et beaux, constituent l'un des personnages principal de ce film. La deuxième raison, c'est ce petit homme - Dersou ! - si attachant et si émouvant. Dersou le malin, l'astucieux, l'homme qui personnifie le mieux la taïga. Il est la clé qui permet de l'appréhender, de la découvrir, d'y survivre même (ah la scène de la tempête de neige). Dersou est le symbole de l'adéquation (et de l'attachement) de l'homme à son milieu naturel. Loin de la forêt, il dépérit et malgré l'annonce de sa fin proche (il décline après avoir tiré sur Amba - le tigre, l'esprit de la forêt ), c'est au milieu de son monde qu'il choisit de retourner pour y finir ses jours. On peut voir aussi dans la fin du film une critique de l'urbanisation, symbole et de l'éloignement de l'homme à la nature : la tombe de Dersou est détruite, comme les arbres qui l'entourent, pour faire place à l'édification d'une ville.
Ce film, sorti en 1975, est tiré du récit autobiographique (et très connu en Russie) de Vladimir Arseniev. Kurosawa fait de cette très belle histoire une très belle ode à la nature.
(pour tout savoir sur Dersou - le livre, le film, allez voir du côté de dersuuzala. Il y a quelques photos du vrai Dersou ! Je recherche une bonne âme pour traduire en français ce site... Avis aux russophones).

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(sans titre)

peut-on nommer les choses essentielles
qu'il nous faut préserver
cette diagonale qui
de la Lune au Soleil
se meurt dans le silence

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Jeu de peinture(s)

Alain Korkos tient un blog amusant et instructif : la boite à images.Amusant car cela se présente sous la forme de jeux avec des images façon puzzle, instructif car on y découvre de belles images (surtout pour moi qui ne suis pas amateur de musées de peintures fraiches ou non). Dans l'un de ses derniers billets, une série de publicités pour des voitures japonaises, inspirées de tableaux.
de gauche à droite : La cavalerie rouge, par Malevich, L’acrobate à la boule, par Picasso et la magnifique toile de Kuzma Petrov-Vodkin, Le bain du cheval rouge (cliquez sur les miniatures).




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Moins réaliste qu'un jeu vidéo mais hélas... plus meurtrier

Il n'est point besoin de voir de telles images pour savoir que la guerre est chose horrible et surtout, que l'injustice, la lâcheté et le mensonge en sont des propriétés intrinsèques. Le site WikiLeaks vient de mettre une ligne une vidéo tournée par l'armée US montrant comment on tue inopinément des hommes, sans raisons apparentes. "Bavure" ou plus exactement "dégâts collatéraux" est le terme officiel. "Meurtres collatéraux" est celui choisi par cette organisation.

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De haut en bas (ARLT)

arltmiroir.jpg ARLT, duo à la musique légère et grave, étrange et envoûtante, sort bientôt son premier album. Pour patienter, un clip tourné l'été dernier (si tout va bien) sur une chanson que j'aime beaucoup...
(Photo : Eloïse Decazes)

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Dans le village des mères (Vénus Khoury-Ghata)

J'ai bien aimé ce poème de Vénus Khoury-Ghata, affiché sur le quai de ma station de métro.
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Rodrigo Rodriguez ("mes photos YellowKorner")

C'est la première photo que j'ai achetée chez YellowKorner : j'aime beaucoup cette ambiance. Pour info, il s'agit d'un assemblage de plusieurs photos ; vous pouvez deviner les secrets de fabrication sur le site fotolisis (comme c'est un site flash à la con, ouvrez l'œil en lançant le site : on y aperçoit plusieurs étapes de la photo ; puis cliquez sur "Gallery" et sur la dernière vignette, en bas à droite. Passez votre curseur sur la photo et vous apercevrez quelques photos qui ont servies à la composition du final).
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