citoyen lambda

carnet de route

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Paris, Texas (bis & sacrifice)

paristexas3.jpg Depuis le temps que je voulais revoir ce film ! Je comprend mieux pourquoi son atmosphère m'est revenue au début de l'année : c'est un magnifique film sur l'abandon et la disparition - même si l'histoire raconte un peu l'inverse, un homme renait à la vie comme dit le synopsis. Avec derrière, la question du sacrifice, du don de soi. Tout le monde se sacrifie dans cette histoire, pour le bonheur de l'autre (?)... C'est un film très judéo-chrétien finalement, en plein dans le mille avec cette période de Pâques. Reste ces images, les premières du film, de Travis marchant dans le désert.
L'émotion n'est pas passée avec le temps : elle renaît, différente et plus forte, car portée non pas seulement par les couleurs et la musique, mais par des questions centrales pour moi en ce moment...

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Le chef d'œuvre de Pierre Billon (hum hum)

Si vous avez - comme moi - loupé l'un des "buzz" du moment, il est temps de se rattraper ! La communauté des internautes associés a ressorti le clip de cette chanson magnifiquement absurde de Pierre Billon : la bamba triste. Je vous laisse juger par vous même (pour ma part, la musique m'horripile, la vidéo me fait rire mais je suis assez sensible à la richesse des paroles).

Mais je vous encourage surtout à écouter (plus que voir) l'interview du même Pierre Billon.en ouvrant ce billet

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Frank Horvat ("mes photos YellowKorner")

Frank Horvat est un photographe reconnu à l'œuvre riche et variée, dont je suis plutôt assez "fan". Vous pourrez en découvrir une partie sur son site, horvatland. J'aime beaucoup ce chêne de Dordogne. Je souhaite que sa collaboration avec YellowKorner continue et je me prend à rêver qu'ils éditent quelques tirages extraits de sa série Sculptures Romanes.
FrankHorvat_cheneDordogne.jpg

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Tour de toile : Debord parlait-il le globish dans le TGV ?

  • Une nouvelle langue, le globish : le globish est un anglais internationnal, qui ressemble à de l'anglais, mais qui n'est pas tout à fait de l'anglais (d'ailleurs, ceux qui ont le plus de mal à le comprendre sont les anglophone). A lire ici pour en savoir plus.
  • La BNF se paye les archives de Guy Debord : elle s'est même saignée pour les acquérir. Après tout, on s'en fout, qu'elles soient à la BNF ou à Yale. Mais ce qui m'a le plus amusé dans ce billet extrait du blog de Pierre Assouline, ce sont les commentaires, dont certains sont vraiment bien gaulés !
  • La faute à l'homme, pas à la machine : Nous avons considéré que communiquer en externe plusieurs jours après pour rectifier l'origine du défaut n'aurait rien apporté au grand public, voire aurait pu renforcer l'image négative de cet incident à l'extérieur de l'entreprise…. C'est ainsi que la SNCF explique qu'elle n'a pas rectifié la communication accusant son mécanicien de l'oubli d'un arrêt du TGV dans une gare... Oubli dû à une bévue de la SNCF, et non du mécanicien, bien évidemment. A lire sur Rue89.

Jean Fleche ("mes photos YellowKorner")

Je continue la série, avec cette magnifique nature morte de Jean Fleche, photographe espagnol. Là aussi, je ne suis pas "fan" de toute son œuvre mais j'apprécie néanmoins la cohérence de son travail et certaines séries sont particulièrement réussies. Vous pouvez avoir un aperçu en visitant son site ou son "fil" sur Flickr.
JeanFleche_Julio1.jpg

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L'autre exposition Turner

turner5.jpg turner4.jpg turner3.jpg turner2.jpg turner.jpg



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Xabi Etcheverry ("mes photos YellowKorner")

Dans la série "mes photos acquises chez YellowKorner" (lire ici pour plus d'infos), voici une œuvre de Xabi Etcheverry, photographe "passionné" par le Japon, et Tokyo notamment.
xabiEtcheverry_PauseCigaretteStationHarajuku.jpg

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Greenpeace 1 - Nestlé 0

Pour faire suite à la nouvelle campagne de Greenpeace (voir mon billet du 30 mars), voici un article intéressant de Rue89 décrivant les opérations.
killer-logo.png

L'Homme approximatif (Tristan Tzara)

tzara_ha.jpg Il n'y a pas de majuscule à la première phrase du livre, pas de point à la dernière phrase. Pas de ponctuation d'ailleurs dans ce poème sans fin , que je lis et relis depuis tant d'années, avec toujours le même plaisir de l'abandon et cette étrange intranquillité de n'y trouver jamais de clé(s) - ou trop peut-être ? - à peine du repos... C'est la découverte du surréalisme - et particulièrement La glace sans tain - qui m'a fait vraiment prendre conscience du plaisir de la dérive des mots et de l'importance de la poésie comme une forme suprême d'expression de soi et de ses émotions. C'est au moment où je "quittais" peu à peu le surréalisme pour m'ouvrir à d'autres "formes" de poésie que je suis tombé sur ce livre, sur ce long poème que j'ai immédiatement embrassé et épousé. J'y ai découvert un Tzara apaisé (après la destruction révolutionnaire de Dada), cherchant désormais à (se) construire sur un monde de ruines. L'Homme approximatif n'est plus ce prisonnier des gouttes d'eau, même s'il reste un animal perpétuel et toujours inachevé.


les routes sourdes perdaient leurs ailes
et l'homme grandissait sous l'aile du silence
homme approximatif comme moi comme toi comme les autres silences

Christian Coigny - galerie Yellow Korner

Depuis quelques années, Yellow Korner propose au grand public des tirages photos de qualité, à des prix très abordables. A l'origine distribués dans les grandes surfaces "culturelles" (genre F... ou autre V...), ils ouvrent petit à petit des galeries, comme celle du Marais (un bien bel espace). Je suis passé par là-bas samedi dernier, histoire d'acquérir une photo de Christian Coigny. Et j'ai eu l'occasion de voir une exposition de ses tirages. Si vous passez dans le coin (rue des Francs Bourgeois), avant le 15 avril, ça vaut le coup de jeter un coup d'œil (et en plus c'est gratuit). Pour ma part, je n'aime pas tout ce que fait ce photographe mais quand une de ses photos me plait, alors j'applaudis des deux paupières. Voici trois exemples (dont celle que j'ai achetée).
cc1.jpg cc5.jpg cc7.jpg

Faire de l'informatique avec des plantes carnivores

Je me suis bien amusé avec cette conférence de David Naccache, donné aux Ernest. Où comment les scientifiques savent parfois s'amuser et s'improviser "poètes" (un peu comme le "poisson soluble" de la physique quantique). Vous découvrirez comment construire l'une des fonctions de base (en calcul logique, donc en informatique) avec 4 plantes carnivores, ou des legos.
(ouvrez le billet pour voir la vidéo).

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Je te regarde (Maram al-Masri)

jeteregarde.jpgQuelle belle découverte (il y a bientôt trois ans) que Maram al-Masri, poétesse d'origine syrienne, avec ce recueil illustré par Youssef Abdelké. C'est une poésie simple, avec peu d'images, qui évoque le désir inassouvi et impossible à assouvir, le manque de l'être aimé et le face-à-face avec soi-même.




Quelle est cette
rumeur ?
Une fleur qui s'épanouit,
un cheval qui hennit.

Ce spectacle ?
Des nuages
qui embrasent mon giron
et une pluie
torrentielle...

*

M'abandonneras-tu ?
Qui donc
verra
la robe
de ma nudité
dans laquelle je suis
vraiment
belle ?

*

Mon ombre
suivra ta trace,
si tu t'en vas,
pas à pas,
devant,
pas à pas,
derrière...

Comme le péché,
je m'attache à toi
et ne veux pas
de salut...


Maram al-Masri - éditions Al Manar, collection Méditerranées

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l'inconsolable frénésie

elle cherche la violence originelle des roches
le cri et le geste qui brisera la carafe aux particules
la tempête qui fera ployer la pleine lune

ce n’est pas qu’elle aime
les perturbations et les démons
mais ils lui sont si naturels
qu’elle saurait alors s’y tenir droite
comme le i de l’effroi  

Les champs magnétiques (Breton / Soupault)

champs_magnetiques.gif Ce recueil de textes écrits à quatre mains selon le principe de l'écriture automatique, est un livre "majeur" pour moi et pour mon goût à la poésie, au même titre que Rimbaud (Une saison en enfer, les illuminations). Et plus particulièrement le premier des textes qui ouvre le recueil : la glace sans tain. Plus qu'un texte ou un assemblage de phrases et de mots, c'est comme un rêve sans fin qui m'habite et m'absorbe, au même titre que l'homme approximatif, de Tristan Tzara.

Prisonniers des gouttes d'eau, nous ne sommes que des animaux perpétuels.

L'adieu aux grands singes [militons]

C'était le titre d'un projet de morceau des Beaux Bizarres, qui ne verra certainement pas le jour.
C'est aussi une vidéo de Greenpeace UK qui mérite d'être vue.

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Humanisme et contemporanéité (Ossip Mandelstam)

mandelstamh_c.jpg Dans ce petit livre, le toujours génial éditeur Harpo & réunit 2 courts essais de Mandelstam. Le premier est consacré à Piotr Tchaadaev, penseur "occidentaliste" de la Russie du XIXème siècle - quelques infos ici. C'est l'occasion de "réhabiliter" Tchaadaev et sa pensée, en insistant d'abord sur le rêve d'un désarmement "spirituel" général (l'essai est publié en 1914) et surtout sur le caractère national comme déploiement achevé de la personnalité, et de la Russie comme source de la liberté morale absolue. L'occasion de souligner que l'Occident ne représente pas nécessairement le "graal".
Le second essai, écrit en 1923, à l'heure où la Révolution Russe commence à se consolider et à se stabiliser, interroge la notion de structure sociale, au travers de la métaphore de l'urbanisme. Certaines époques disent qu'elles n'ont rien à faire de l'homme, qu'il faut l'utiliser comme briques ou ciment, qu'il faut construire à partir de lui et non pour lui. L'architecture sociale se mesure à l'échelle de l'homme. Parfois, elle se fait hostile et tient sa grandeur de l'humiliation et de l'anéantissement de l'homme.
Un sujet toujours d'actualité...

Le chien rachidien

Image_20.png
Rue 89 consacre un article sur le sous-titrage pour les sourds. Dans certains cas (comme les exemples cités et ci-dessus), on peut se demander si ce sous-titrage n'est pas une aubaine : un cours et une initiation au jeu de base du surréalisme. Je vais peut-être m'acheter une télé, au final...

L'addiction ? Juste un problème de découplage....

Proposées par l'ENS, Les Ernest sont une série de conférences plutôt accessibles, sur des sujets divers. J'ai beaucoup aimé celle de Jean-Pol Tassin, neurobiologiste, sur l'addiction. Une introduction au fonctionnement du cerveau, au circuit de la récompense et au "déclenchement" du plaisir. Maintenant, j'en sais un peu plus sur mon addiction au tabac : je suis découplé !
(ouvrez le billet pour voir la vidéo).

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Doltoïevski - Les Frères Karlozov

frereskarlozov.jpg

L'afrique héroïque - Philippe Bordas (MEP)

PBordas1.jpg En marge de l'exposition consacrée à Elliott Erwitt, où la foule se presse, la M.E.P. propose une magnifique exposition de Philippe Bordas (qui s'est fait connaitre il y a quelques temps avec son travail sur les lutteurs/boxeurs en Afrique). C'est pour moi une révélation : son travail (plus de vingt années passées en Afrique) est remarquable, splendide et émouvant, le tout dans une très belle scénographie (ambiance très sombre avec juste de petits spots venant éclairer les photos, plutôt grand cadre). L'exposition se compose de 3 parties. En sens inverse, cela donne : L’Afrique à poings nus, consacrée à son travail sur les boxeurs et lutteurs en Afrique (Kenya et Sénégal principalement). Puis nous plongeons dans le monde de Frédéric Bruly Bouabré, autodidacte qui a créé une écriture (un alphabet) de toute pièce afin de donner à son peuple un moyen de transmettre les traditions & les récits (en savoir plus sur Bruly Bouabré). Philippe Bordas lui a consacré un livre, que je m'apprête à commencer;je vous tiendrai au courant. Enfin, les Chasseurs du Mali, la partie que j'ai préférée de cette exposition : les portraits, couleurs comme noirs et blancs sont saisissants, beaux, simples et magnifiques. Pour en savoir plus, vous pouvez lire ici la présentation de cette exposition par l'auteur ou là, celle de la MEP. Une des meilleures expos que j'ai vues depuis longtemps !

Personal Best - Elliott Erwitt (M.E.P.)

eeMosow.jpg Les photos d'Elliott Erwitt ont beau être connues, cette exposition-rétrospective à la Maison Européenne de la Photographie (MEP - rappelons que c'est gratuit le mercredi à partir de 17h) est une vraie réussite. D'abord parce que la plupart des tirages proposés sont en grand format, ce qui n'est pas si fréquent : c'est donc très accessible et agréable à regarder ; on peut aisément prendre de la distance et on n'est pas obligé de se coller devant le cadre. Ensuite parce que la sélection est réussie, mélangeant les "classiques" d'Erwitt avec des photos moins connues, choisies par lui. Erwitt appartient à cette grande confrérie des poètes de l'image en noir & blanc, avec souvent un petit "plus" : une grande tranche d'humour et de fraicheur. Bref, un régal pour les yeux que je vous encourage à aller voir vite (l'expo se termine le 4 avril).

une petite sélection avec un intrus (une des photos n'est pas dans l'exposition)
eeHollywoodCalifornia.jpg eebarcelona1951.jpg eeParisEiffelTower.jpg eeWilmingtonNorthCarolina.jpg eeNewYorkCity.jpg eeBallycottonEire.jpg

(toutes les photos © Elliott Erwitt / Magnum)

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La mer joint les régions qu'elle sépare.

(Alexander Pope)

Doisneau à la Fondation Henri Cartier Bresson

Doisneau.jpg Doisneau est certainement le photographe français le plus connu en France. On a presque tous en tête certaines des images (je ne parle même pas du BHV - Baiser de l'Hôtel de Ville). Cette exposition a au moins le mérite de replacer ces tirages archi connus dans un ensemble d'une grande cohérence. On rentre dans "son" monde (dans sa vision de la ville, de la rue, de la banlieue) et on se prend à regretter que la Fondation Henri Cartier Bresson n'ait pas plus d'étages afin que l'exposition se prolonge, j'allais écrire "sans fin". Car je ne m'en lasse pas de Doisneau - comme je ne me lasse pas de Calet (je fais le rapprochement, à cause de la rue sûrement, des quartiers populaires, de l'époque).

pour en savoir plus

doisneau-fg.jpeg

(photos : Doisneau par HCB / Doisneau, Football, Choisy le Roi, 1945)

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Créer, c'est résister. Résister, c'est créer

Cela date de 2004, à l'occasion du soixantième anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance, programme vraiment révolutionnaire, dont la France a bénéficié (et bénéficie encore un peu), et ce sans révolution justement. La Résistance, ce n'était pas seulement des actes de courage contre l'occupant, c'était aussi une vision de vie en société, réaliste et pragmatique. Soixante après, des résistants qui ont participé à ce programme lancent un nouvel appel, à l'heure où les acquis du CNR sont de plus en plus remis en cause, avec ce slogan vraiment révolutionnaire : Créer c'est résister. Résister, c'est créer.

Nouveaux collages de Ion Barladeanu

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A voir sur Libé du jour, une série de collages de Ion Barladeanu (dont nous avions déjà parlé ici).

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L'envers du décors

Une expo qui (me) donne envie
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en savoir plus sur le site de la Cinémathèque
voir d'autres photos sur Libé

Picture Me Gone (Madeline Bell)

madeline_bell.jpg Mon collègue et néanmoins estimé ami BoBiz en parle beaucoup mieux que moi (sur le blog des Beaux Bizarres). Voilà une chanson qui, mieux que Mérinos, vous fait des réveils et des matins en beauté !

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Sabali (Amadou & Mariam)

amadou_mariam_s.jpg Ben oui, j'aime la variété ! Surtout quand elle est comme cette magnifique chanson. D'abord, j'adore les morceaux construits en séquence, avec montée progressive des instruments : un peu putassier, certes, mais imparable ! Ensuite, l'arpégiator (il démarre à 1'56) ! J'avais 11 ou 12 ans quand pour la première fois j'ai posé 3 doigts sur un orgue Bontempi. Depuis, l'arpégiator est gravé pour toujours dans les tympans de mon cœur... C'était un son presque similaire. Alors c'est sûr, ça déclenche tout un tas d'émotions, ça me gratouille, me chatouille... Et puis l'entrée de la basse (2'27) : alors là, encore plus putassier que l'arpégiator, mais moi je fonds ! Et puis et puis et puis... J'aime Amadou et Mariam, leurs textes naïfs et simples. Dans la bouche de n'importe quels autres chanteurs, je serai certainement déjà rendu au bout de la terre. Mais avec eux, je trouve cela vraiment réussi (remember "Je pense à toi").

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Pour réfléchir...

Je ne suis pas passionné d'économie mais je voulais mettre en avant cette interview d'une analyste d'une grande banque, publiée dans Le Monde, en ce jour de mobilisation pour les retraites (ok, on n'y parle pas de retraite, mais j'espère que vous comprendrez le parallèle que je fais). J'y relève cette phrase, que je ne peux m'empêcher de mettre en gras : Mais en réalité, le coût du travail français reste inférieur à celui du travail allemand. En effet, si, en France, les cotisations patronales versées pour une heure de travail sont supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne, le salaire y est inférieur. Au total, le coût d'une heure de travail est donc plus bas en France qu'en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et bien entendu au Danemark, en Suède ou au Luxembourg. (lire la source)

Le prisonnier du Caucase et autres nouvelles (Vladimir Makanine)

makaninepdc.jpg Quatre heures de train dans la journée, c'est parfait pour lire. Et quand il s'agit de Vladimir Makanine, c'est encore mieux. Dérive d'une société russe en pleine mutation, personnages perdus, trop longtemps formatés par un système (plus qu'une idéologie - il n'y a aucun regret et aucune complaisance pour l'homo sovietcus chez Makanine), inadaptés...

La première nouvelle, qui donne son titre à l'ouvrage, est une évocation du conflit absurde du Caucase (où les russes arment eux mêmes leurs ennemis). Pas un récit de guerre, mais plutôt la question de la place de la beauté dans la guerre (c'est écrit en quatrième de couverture, cette phrase... Je n'aurai pas trouvé cela tout seul). La beauté des montagnes, la beauté de ce jeune "rebelle" capturé comme monnaie d'échange, qui touche le soldat aguerri. Mais qu'est-ce qui me retient ici ? Les montagnes ? questionna-t'il à voix haute, en colère contre lui même.(...) et pourtant, si c'étaient malgré tout les montagnes ? Leurs sommets jaunis par le soleil s'élevaient çà et là. Les montagnes, oui, les montagnes. Depuis tant d'années, leur grandeur, leur solennité silencieuse lui vrillaient le cœur. Mais, au fond, que voulaient-elles lui dire avec leur beauté ? De quoi lui parlaient-elles ?

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La belle Lurette / Le tout sur le tout (Henri Calet)

la-belle-lurette_couv_book_medium.jpg toutsurtout.jpg
C'est toujours le même chien de ma connaissance (voir ici) qui m'a "caletisé", m'offrant un jour La belle lurette, livre que j'ai dévoré comme un paquet de croquettes pour animal domestique de la vie moderne. Mais Calet, c'est bien plus que des croquettes ! C'est de la bonne viande, bien fraiche (ou de bons légumes du jardin, pour les "bios"). Ce n'est pas de littérature industrielle et en boite : c'est un style, presque unique, et qui semble tellement simple (alors que le brave homme usait ses nuits sur ses articles). Et puis c'est une époque, celle de l'immédiat avant-guerre ou immédiat après-guerre. C'est Paris aussi, le Paris "populaire", comme on dit parfois, sans jamais trop savoir ce que revêt vraiment cette définition. Calet, c'est un marcheur, un flâneur, un observateur, ... de la ville, de l'âme (la sienne surtout, tout du moins dans ces deux livres), des "petites" gens comme des "grandes". Calet, c'est de l'humour, de l'émotion, de l'aventure avec le quotidienne. Calet, c'est aussi une vie ! Je vous laisse le soin de dénicher sa biographie, je ne vais pas faire ici du mauvais copier/coller. Ou mieux, le meilleur moyen d'appréhender sa vie est justement de lire ces deux livres, largement autobiographiques, sans être pour autant une autobiographie.

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Fade Into You (Mazzy Star)

fadeintoyou.jpg Que dire ? Excellent groupe, excellent album, excellente chanson et excellents souvenirs... (cliquez pour voir la vidéo).

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Drum

Drum.jpg Non, il ne s'agit pas de publicité pour le papier à cigarettes, mais d'un journal sud africain, créé en 1951 et animé par une équipe multi-raciale qui s'engage contre les lois d'apartheid. Un article intéressant sur Rue89 en retrace vite fait l'histoire (avec un petit documentaire à ne pas louper pour sa bande son très enjouée et plaisante) et une exposition à la galerie Polka nous donne à voir les photos de Jürgen Schedeberg, photographe du journal.
jurgen_schadeberg.jpg

Vie Mort (Jeanne Balibar - Tronomette)

viemort.jpg Jeanne Balibar a une voix qui "passe" ou qui "casse", dès la première phrase (pour ma part, j'adôôôre cette voix). Je n'ai pas suivi sa carrière de chanteuse, même si je connais son premier album, Paramour ,car co-réalisé par Rodolphe Burger (et je jette toujours une oreille à tout ce que touche ce Monsieur, qui a un don d'alchimiste, avec bien évidemment les exceptions qui confirment la règle ).

En revanche, j'ai eu la surprise de découvrir ces huit petites chansons, signées Jeanne Balibar - Tronomette, chantées à capella, avec un métronome, quelques fois une voix doublée... J'aime beaucoup ce parti pris plus que dépouillé où tout repose sur la voix. J'aime aussi les textes ; ainsi celui-ci proposé en écoute à vos oreilles affamées, où elle aborde très simplement (ou crument ?) la question du choix de garder ou non un enfant.

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J'ai eu un moment d'absence, il a duré quinze années (Flop)

flop.jpg Toujours chez FrenchTouche, cette chanson de Flop qui me plait bien...

Passer en Espagne (French)

French.jpg Trouvé sur le site du label FrenchTouche, cette chanson de French que j'aime bien ; elle m'évoque soudain de souvenirs lointains, comme d'une vie antérieure (fantasmée). Elle m'évoque ma découverte récente de Julio Llamazares, ce chômeur immigré espagnol, que mon père suivait, sans ressources mais qui avait consacré tous ses moyens (et toute sa vie ?) à auto-publier une biographie de Durruti (ah l'imbécile que je suis, j'ai prêté le livre à un ami perdu de vue), ces paysages magnifiques, saisis à l'aube, que le train traversait, l'Andalousie, ... Oui, on en a des raisons de passer en Espagne !

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Je ne suis rien (Alvaro de Campos / Fernando Pessoa)

Du coup, en cette matinée de deuils, je reporte à plus tard les quelques billets que je voulais publier. Ma journée s'en trouve toute modifiée. Lu sur le blog de MDA, ces vers d'Alvaro de Campos (aka Fernando Pessoa) :


Je ne suis rien
Je ne serai jamais rien
Je ne peux vouloir être quoi que ce soit
A part cela, j'ai en en moi tous les rêves du monde 

Pas d'accord ! (Alex Chilton est mort)

Ouaip, pas d'accord ! Je ne trouve guère d'autres mots. Le génial compositeur de September Gurls (entre autre merveilles) est décédé. Pas d'accord, pas d'accord, pas d'accord... C'est la vie, ok, mais bon, on a encore le droit de ne pas être d'accord, non ?

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D-Day (D comme Dead)

Cela faisait plusieurs mois que je lisais régulièrement le blog K, Histoire de crabe, tenue par Marie-Dominique Arrighi, journaliste de Libé, atteinte d'un cancer qui, au fil des billets, ne semblait laisser aucune issue ambiguïté quant à l'issue de cette maladie presque toujours perdue d'avance . Elle est décédée hier. En guise de "nécro", un article de Pierre Marcelle dans le Libé du jour (et je vous invite à suivre son invitation sur le site des archives de l'INA, pour découvrir certaines émissions des Nuits Magnétiques où Marie-Dominique Arrighi exerça. L'exemple choisi, datant de 1981, est d'une brûlante actualité : devenir français !). A lire aussi son blog, qui j'espère restera en ligne : certains billets y sont très riches.
par exemple :

208

Après la photo (Salvatore Puglia)

130293.jpeg Ce ne sont plus des photos, mais des images dont la photo constitue une partie de la matière première. D'habitude, je me méfie un peu de ce concept (comme de l'art conceptuel en général) mais dans le cas des portraits de Salvatore Puglia, mon regard entier est comme aimanté et absorbé par ses images/tableaux.

Je viens du monde de l’écrit, mais j’étais un historien, par engagement, plutôt qu’un "penseur". Et c’est par la pratique de l’histoire que je suis passé au visuel. Un jour j’ai constaté l’insuffisance (ou le manque de passion) de ma recherche en histoire, et les montages sont devenus des tableaux d’abord et des installations ensuite.

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(sans titre)

m'arrachant des conifères
et de ces baisers comme jets de pierre
qu'elle était fausse la lumière
l'oie cœur défigurée

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Bare Bone Nest (22 Pistepirkko)

barebonenest.jpg Merci Gilles ! Je repense souvent à ce discothécaire qui m'a glissé tant de disques entre les mains... Dont celui-ci, le premier album de ce groupe finlandais à rencontrer un certain succès public hors de leur terre natale. Le diamant à peine posé sur le vinyl, j'ai immédiatement accroché, surtout avec les cinq premiers titres qui s'enchainent à merveille, du nerveux et troublant Frankenstein, au merveilleux Shot Bayou (très Dr John, période fin 60's/début 70's). Je m'efforce depuis de suivre leur carrière (à défaut d'y entrer) et notamment d'assister à toutes leurs prestations scéniques, leurs concerts étant toujours des moments intenses et beaux.

Für Luise (Cluster and Eno)

Brian-Eno-Cluster--Eno-475333.jpg Puisqu'on est levé... Autant en profiter pour prolonger les rêves dans le conduit auditif, avec ce morceau onirique de Cluster & Eno (cliquez pour entendre le son, fermez les yeux, et bonne nuit).

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Il se passe des choses ici (Brigitte Fontaine)

ilsepasse.jpg Y'a des jours où mieux vaut rester au lit... Avec ce morceau de Brigitte Fontaine, par exemple. (cliquez pour écouter)

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A découvrir avec vos oreilles, Jorge Humberto

jorgehumberto.jpg Libé Labo nous offre une session live bien jolie avec Jorge Humberto, artiste cap-verdien qui interprète ici trois titres à la guitare.

é

é parpillée
l'é ventoile de mer
é m-mer-veillée
é tendue sur le sable chaud
é mettre n'est pas à l'ordre du jour

(tendue elle revêt son masque d'océan pillé par les vents)

comme un fossile

le silence doit s'accorder
au silence des fossiles des amours

comme me manque l'aube compulsive !

200

Une agréable surprise

Je redoutais d'avoir pris ma place de concert pour Get Well Soon un peu trop dans la précipitation. Etant avant tout attiré par les arrangements, je pensais que la formule "live", trop brute, dénaturerait trop l'équilibre que j'aime dans ces chansons. Et bien j'ai été fort surpris. Ca tient plus que la route sur scène, malgré un son de batterie un peu naze (mais bon, pour trouver de bons sons de batterie sur scène aujourd'hui, faut se lever tôt), des guitares un peu en retrait. Le groupe est ok et la formule est bien trouvée. Je sais qu'il y a débat sur les films projetés durant le concert. Pour ma part, j'ai aimé certains de ces films, même si le concept image/concert est un peu gnangnan. Au bout d'un moment, je n'ai plus fait attention à l'écran et c'était encore mieux.

(sans titre)

dans le train qui te mène à la ville inondée, une femme 
parait dans le reflet de la vitre, son air neuf et apaisé
mêlé à la précipitation des paysages, immédiatement
effacés, te surprend dans un demi-sommeil et tu peines
à te reconnaitre, fermant les yeux pour rester maître du temps

199

Un poème de Georges Perros

Bien sûr qu'on ne doit pas rêver
quand il ne faut pas C'est pourtant
quand il ne faut pas que l'on rêve
et que battent à tous les vents
les portes qui vont en dérive
et que sans réfléchir on prend
parce parce que Oui je jure
que ma vie est allée par là
sans que rien ne m'y force Alors
vie et mort me sont entrelacs
piège à double face J'ignore
les soucis des jours et des nuits
dont s'embarrassent mes confrères
en Arts et Lettres Je poursuis
toute autre chose pour ce faire


extrait de Une vie ordinaire, Gallimard, collection Poésie

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