dersou2.jpg Ce n'est pas le film le plus connu de Kurosawa. En tout cas, c'est de loin mon préféré, pour deux raisons essentielles. La nature d'abord : Kurosawa filme d'une manière sublime la taïga sibérienne, à différentes saisons. Ces paysages infinis, rudes et beaux, constituent l'un des personnages principal de ce film. La deuxième raison, c'est ce petit homme - Dersou ! - si attachant et si émouvant. Dersou le malin, l'astucieux, l'homme qui personnifie le mieux la taïga. Il est la clé qui permet de l'appréhender, de la découvrir, d'y survivre même (ah la scène de la tempête de neige). Dersou est le symbole de l'adéquation (et de l'attachement) de l'homme à son milieu naturel. Loin de la forêt, il dépérit et malgré l'annonce de sa fin proche (il décline après avoir tiré sur Amba - le tigre, l'esprit de la forêt ), c'est au milieu de son monde qu'il choisit de retourner pour y finir ses jours. On peut voir aussi dans la fin du film une critique de l'urbanisation, symbole et de l'éloignement de l'homme à la nature : la tombe de Dersou est détruite, comme les arbres qui l'entourent, pour faire place à l'édification d'une ville.
Ce film, sorti en 1975, est tiré du récit autobiographique (et très connu en Russie) de Vladimir Arseniev. Kurosawa fait de cette très belle histoire une très belle ode à la nature.
(pour tout savoir sur Dersou - le livre, le film, allez voir du côté de dersuuzala. Il y a quelques photos du vrai Dersou ! Je recherche une bonne âme pour traduire en français ce site... Avis aux russophones).

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