tzara_ha.jpg Il n'y a pas de majuscule à la première phrase du livre, pas de point à la dernière phrase. Pas de ponctuation d'ailleurs dans ce poème sans fin , que je lis et relis depuis tant d'années, avec toujours le même plaisir de l'abandon et cette étrange intranquillité de n'y trouver jamais de clé(s) - ou trop peut-être ? - à peine du repos... C'est la découverte du surréalisme - et particulièrement La glace sans tain - qui m'a fait vraiment prendre conscience du plaisir de la dérive des mots et de l'importance de la poésie comme une forme suprême d'expression de soi et de ses émotions. C'est au moment où je "quittais" peu à peu le surréalisme pour m'ouvrir à d'autres "formes" de poésie que je suis tombé sur ce livre, sur ce long poème que j'ai immédiatement embrassé et épousé. J'y ai découvert un Tzara apaisé (après la destruction révolutionnaire de Dada), cherchant désormais à (se) construire sur un monde de ruines. L'Homme approximatif n'est plus ce prisonnier des gouttes d'eau, même s'il reste un animal perpétuel et toujours inachevé.


les routes sourdes perdaient leurs ailes
et l'homme grandissait sous l'aile du silence
homme approximatif comme moi comme toi comme les autres silences