mammuth.jpg J'ai beaucoup aimé le précédent film du duo, Louise-Michel : drôle, socialement et politiquement non correct, plutôt percutant dans le délire. Mammuth est tout aussi réussi, mais plus émouvant, plus touchant. Techniquement, il est à contre-courant de son époque : à l'heure du grand saut dans le numérique, le film a été tourné en 8mm, donnant ainsi une image un peu tremblotante mais très poétique. Enfin une image qui n'est pas lisse ! Le film repose sur Gérard Depardieu qui, je dois le reconnaitre, est vraiment excellent dans ce film. Il faut le voir, avec sa stature imposante (renforcée par la manière de filmer) et ses cheveux longs. Un géant doux comme un agneau, qui semble totalement perdu et même "con" ! Pour l'anecdote, le film serait né d'un rêve de Benoît Delépine : Gérard Depardieu avec les cheveux longs, chevauchant une moto aussi mastoque et impressionnante que lui : la Münch Mammuth, une moto allemande des années 60 reposant sur une idée simple : un moteur de voiture dans un cadre de moto. Et l'histoire ? Un road-movie, une balade vers le passé ou comment se réconcilier avec ses fantômes et son présent en revenant sur les lieux de sa jeunesse. Le film tient aussi par tous ses "seconds" rôles. Les femmes d'abord : l'amour présent (Yolande Moreau) et l'amour perdu (Isabelle Adjani), l'amour de passage, voleur (Anna Mouglalis) et l'amour "familial" (?) avec Miss Ming dans le rôle magnifique de la nièce déjantée. Notons aussi la participation de Dick Annegarn, sublime en gardien de cimetière. Le paysage enfin, celui des Charentes (les deux départements) et de Royan (pas en été). Bref, ce film est un vrai plaisir rafraichissant...