vieillesicile.jpg De Pirandello, je ne connaissais (approximativement) que son théâtre, qui jusqu'alors ne m'a guère emballé. Je trouve que c'est davantage un théâtre à voir qu'un théâtre à lire. Et puis, il y a des "saisons" dans la vie, pour le théâtre. Avec ce recueil de cinq nouvelles, me voilà en revanche séduit et conquis.
Par cette belle plume d'abord, sur laquelle on glisse sans accrocs. C'est limpide et clair et ça se lit presque distraitement. Presque, parce que les histoires nous retiennent par la manche. Des histoires simples (je veux dire, pas d'intrigue compliquée avec rebondissements) qui nous plongent dans le sud de la Sicile (Agrigente, la ville natale de Pirandello), au début du XXème siècle (ou fin XIXème) et de ses "petites" gens. Entre misère et "archaïsme", tradition et légendes, fierté et espoir, il y a avant tout une forte mélancolie qui se dégage de ces nouvelles où se pose la question que l'individu occupe dans la société. C'est particulièrement vrai avec les deux nouvelles, L'autre fils (adapté au cinéma par les frères Taviani, dans Kaos) et l'Etranger, qui se dégagent de cette compilation. Un livre qui m'a donné envie de me plonger dans l'eau méditerranéenne, et dans le recueil Nouvelles pour une année (431 nouvelles !) du même auteur.