Le cheval est tombé du poème. Les Galiléennes étaient trempées de papillons et de rosée, qui dansaient sur les marguerites des près. Les deux absents : toi et moi, moi et toi, les deux absents. Deux blancs époux de mouettes conversent de nuit sur les branches des chênes. Pas d'amour, mais j'aime les poèmes d'amour anciens qui protègent la lune souffrante, de la fumée. Poussées et tirées, tel le violon dans les quatuors, je m'éloigne de mon temps quand je me rapproche Des reliefs du lieu... Plus de place dans la langue moderne pour fêter ce que nous aimons, tout ce qui adviendra... fut. Le cheval est tombé, baignant dans mon poème et moi je suis tombé, baignant dans le sang du cheval...
Mahmoud Darwich
extrait de Le cheval est tombé du poème (éditions Actes Sud 2006)
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