lemepris.jpg Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Ah non, ce n'est pas cela que je voulais écrire. Longtemps, je n'ai pas aimé ce film de Godard, que je nommais en moi : l'Ennui... Et puis je l'ai revu récemment et en suis devenu presque dingue (presque, car il ne faut quand même pas abuser). Il fallait juste que le temps fasse son effet, que l'expérience du mépris infuse : mépriser/être méprisé, se méprendre, aimer/ne plus aimer, se méprendre encore, être aimé/ne plus être aimé, se méprendre toujours, chercher à expliquer ce qui ne peut ni ne veut s'expliquer... Je m'égare, quoique... Film magistral donc : osons les grands mots, osons ! Non, n'osons pas... Film clé plutôt, dans mon petit cheminement. Lumière. Décors (ah, la villa Malaparte ! Capri ! La méditerranée : eau si bleue cernée de rochers...). Lumières d'Italie. Vide (avez-vous remarqué que tout semble désert autour des personnages ?). Femme. Belle et sans cesse métamorphosée. Musique (elle a beau être archi connue, elle est ici à sa place). Se vêtir/se dévêtir. Aimer/ne plus être aimé. A s'y méprendre... Lumières d'Italie. Et le vide, qu'habite la musique, mais comme une musique intérieure seulement.

Et le film de citer Dante :

Déjà la nuit contemplait les étoiles
Et notre première joie se métamorphose vite en pleurs
Et jusqu'à ce que la mer se fut refermée sur nous

Et laissons le mot de la fin à Alberto Moravia :

J'ai remarqué que plus on est envahi par le doute, plus on s'attache 
à une fausse lucidité d'esprit avec l'espoir d'éclaircir par le raisonnement
ce que le sentiment a rendu trouble et obscur.