philochien.jpg Je me suis bien amusé à lire ce recueil des chroniques qu'a tenues Michel Onfray dans le futur feu Siné Hebdo. C'est plaisant à lire, peu ennuyeux, pas du tout politiquement correct - comme on dit de nos jours -, parfois avec un peu de mauvaise foi (mais c'est cela qui est bon et nécessaire, surtout dans l'exercice de chroniqueur) et l'ouvrage contient quelques portraits ciselés dans un beau vitriol qui fait mouche ! Ainsi la Sainte Ségolène du Poitou (cible facile me direz-vous), et bien d'autres, dont quelques "intouchables" (Freud par exemple) ou le petit cercle des "intellectuels" bien en vue qui occupent depuis les années 80 l'espace médiatique... Peut-on parler d'espace à propos d'un champ si réduit ?

Mais l'ouvrage n'est pas qu'un chamboule-tout. Il contient aussi des chroniques qui ouvrent l'esprit vers d'autres horizons et des pistes de réflexions. C'est d'ailleurs cela que j'aime chez Michel Onfray. On peut lui reprocher d'être parfois approximatif (pas moi, je suis dix mille fois plus approximatif que lui !) dans l'usage qu'il fait des textes mais c'est un philosophe de l'action et du présent. Pour lui, la philosophie n'est pas que réflexions et pensées, mots et phrases, mais aussi un moyen de lutte et d'engagement. L'Université populaire de Caen en est un bon exemple : je ne me contente pas d'essayer de transmettre mes idées mais je donne à tous les moyens de se faire sa propre idée. Voilà ce que j'aime chez cet homme, même si je ne partage pas toutes ses opinions : il est engagé, plus qu'enragé et nous invite au débat plutôt qu'à la contemplation du banquet duquel nous sommes exclus.