Quatre heures de train dans la journée, c'est parfait pour lire. Et quand il s'agit de Vladimir Makanine, c'est encore mieux. Dérive d'une société russe en pleine mutation, personnages perdus, trop longtemps formatés par un système (plus qu'une idéologie - il n'y a aucun regret et aucune complaisance pour l'homo sovietcus chez Makanine), inadaptés...
La première nouvelle, qui donne son titre à l'ouvrage, est une évocation du conflit absurde du Caucase (où les russes arment eux mêmes leurs ennemis). Pas un récit de guerre, mais plutôt la question de la place de la beauté dans la guerre (c'est écrit en quatrième de couverture, cette phrase... Je n'aurai pas trouvé cela tout seul). La beauté des montagnes, la beauté de ce jeune "rebelle" capturé comme monnaie d'échange, qui touche le soldat aguerri. Mais qu'est-ce qui me retient ici ? Les montagnes ? questionna-t'il à voix haute, en colère contre lui même.(...) et pourtant, si c'étaient malgré tout les montagnes ? Leurs sommets jaunis par le soleil s'élevaient çà et là. Les montagnes, oui, les montagnes. Depuis tant d'années, leur grandeur, leur solennité silencieuse lui vrillaient le cœur. Mais, au fond, que voulaient-elles lui dire avec leur beauté ? De quoi lui parlaient-elles ?
