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Tag - poésie russe

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mardi 28 septembre 2010

...et ce qui restera c'est la Parole souveraine

Tout est prêt pour la mort, ce qui résiste le mieux sur terre, c'est la tristesse, 
et ce qui restera c'est la Parole souveraine.
 
[Anna Akhmatova]

lundi 27 septembre 2010

Là-bas sur l’étang (Sergueï Essénine)

Là-bas sur l’étang s’est tissé le rouge de l’ourlet du ciel
le coq de bruyère, il se lamente, et avec lui tout gémit dans les pins
 
le merle, lui aussi, se lamente et ne sort plus
Mais en moi, rien qui voudrait pleurer, le cœur est illuminé tout autour :
 
Ce chemin, qui se ferme vers le tournant, c’est par là que je te verrai venir,
le foin, résigné, nous attend déjà, nous n’avons pas besoin de rester debout.
 
je t’embrasse jusqu’à te boire, ma main, elle te saisit - comme on saisit une feuille.
Lorsque la joie vole son sens, mot et discours sont las.
 
J’embrasse par là les doigts, où sont drap et voile,
aussi longtemps que la nuit voudra demeurer la nuit, tu resteras ivre de moi,
enfant.
 
Toi coq de bruyère, tu te lamentes donc, tu résonnes donc, pins :
elle n’est pas lourde, la mélancolie là au rouge de l’ourlet du ciel
 
[Sergueï Essenine - 1910]

(traduction / adaptation de Gil Pressnitzer, publié sur Esprit Nomades)